Un an de prison ferme pour avoir "livré" de la viande à un détenu de Béziers
Un jeune homme de 21 ans a été condamné lundi à un an de prison ferme pour avoir livré de la viande à un détenu de Béziers (Hérault). Le paquet avait été projeté en pleine nuit par dessus le mur d'enceinte.

Ce n'est un secret pour personne : certains détenus se font livrer des colis par dessus le mur d'enceinte de la prison. Parfois de la drogue, de l'alcool, des téléphones et même de la nourriture.
C'est un de ces livreurs qui était jugé lundi 5 février, en comparution immédiate, par le tribunal correctionnel de Béziers. Sofian A., 21 ans, a été condamné à un an de prison ferme.
Livreur de viande halal
Samedi 3 février, Sofian part d'Orange à bord d'une voiture qui lui appartient alors qu'il n'a toujours pas le permis de conduire. Avec lui, son complice, mineur. Leur mission : livrer un paquet de viande halal à un détenu du centre pénitentiaire du Gasquinoy à Béziers. Ils seront payés entre 50 et 100 euros.
Sur place, c'est le mineur qui est à la manœuvre. Grâce à une échelle qu'ils ont apportée, il escalade le mur de protection, haut d'un peu plus de deux mètres. Avec une pince, il coupe le barbelé et se retrouve au pied du mur d'enceinte. Le paquet de viande est emballé dans du cellophane et placé dans un filet de pommes de terre ou bien d'oignons.
Il fallait jeter le paquet à la troisième lumière à partir du mirador
Là, il faut être précis. Le point de repère selon Sofian, c'est "la troisième lumière à partir du mirador", sachant qu'un mirador couvre 200 mètres d'enceinte de part et d'autre, soit 400 mètres au total. Quand le paquet est projeté, le détenu crie "c'est bon!"
Pour récupérer le colis, il a préalablement noué entre elles des bandelettes de drap et fixé au bout une fourchette, dont les dents sont tordues pour être transformée en grappin. Il faut faire preuve d'une adresse assez extraordinaire.
Une fois leur mission accomplie, Sofian et son complice sont repérés par une patrouille de police, il est presque minuit. Ils sont arrêtés après une course poursuite. Sofian a d'abord forcé les barrières du péage de Sète, sur l'A9, avant de finir en tête à queue. Il pleuvait cette nuit là.
Les livraisons de viande sont très fréquentes et si les détenus en sont tellement friands, c'est parce qu'il n'y a pas de menu halal en prison.