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Faits divers – Justice

Un an de prison ferme pour un accident de voiture mortel par négligence, pour des pneus trop lisses

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Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Un jeune de 19 ans a été reconnu coupable de la mort de son ami d'enfance après un accident de la route mortel en novembre 2017. Le véhicule qu’il conduisait a fait un tête-à-queue avant d'être percuté par une autre voiture. Les pneus de son véhicule étaient usés à 99 %.

Salle d'audience du Palais de Justice de Béziers
Salle d'audience du Palais de Justice de Béziers © Radio France - Stéfane Pocher

Autignac, France

Deux ans de prison, dont un an ferme, ont été prononcés ce vendredi contre un jeune de 19 ans par le tribunal correctionnel de Béziers. Il était poursuivi pour homicide involontaire, par maladresse, imprudence et négligence, lié à une perte de contrôle. Ce jeune a été reconnu coupable de la mort de son ami d’enfance. Le véhicule qu’il conduisait a été violemment percuté en pleine nuit, en novembre 2017, à Autignac sur la départementale 909 au sud de Bédarieux (Hérault).

La chaussée était trempée

Leur voiture a fait un aquaplaning dans un virage et s’est immobilisée sur la chaussée. Une infirmière qui rentrait de son service à Béziers n’a pas pu éviter le véhicule dans un virage et l’a percuté de plein fouet un peu avant 22h00. Le passager avant, le plus exposé au choc est décédé sur le coup. La conductrice blessée (multiples contusions) n’a pas été poursuivie au grand regret de la défense. Cette dernière, absente à l’audience, n’aurait pas vu la voiture à l’arrêt dans cette courbe sombre.

Les analyses toxicologiques ont confirmé que le conducteur de l'engin accidenté avait un taux de cannabis élevé dans le sang. L'expertise en accidentologie a démontré que cette perte de contrôle était liée au mauvais état des pneumatiques arrières. Des pneus usés à 99 % et donc très lisses.  

Plus de 70.000 kilomètres parcourus avec les mêmes pneus

La vitesse n’est pas mise en cause. Le jeune automobiliste, qui a passé la conduite accompagnée, avait par ailleurs déjà été averti les années précédentes pour des consommations de cannabis alors qu'il était mineur.

"Vous avez déjà eu deux alertes" lui rappelle la présidente Claire Ougier. "Vous n'avez pas réalisé à l'époque que c'était dangereux ?"  

Le prévenu, qui comparait libre, reconnaît avoir consommé dès l’âge de 15 ans, un a deux joints par jour. "Mais je n’avais pas fumé le jour de l’accident. Ni les quatre jours précédents". Le père de la victime décédée a trouvé le courage de venir à la barre, tout comme sa fille. La douleur est encore présente. Le drame est encore récent. 

"C'est compliqué pour nous d'être là. Malgré les excuses aujourd’hui au tribunal, je ne lui pardonnerai jamais. Nous n’avons eu aucune excuse de la famille après la mort de notre fils. Les parents savaient que leur fils consommait du cannabis et ils l’ont laissé prendre le volant. Ils savaient que les pneus étaient lisses. Ils n'ont rien fait."

Sa fille, enceinte de quelques mois, lit à son tour une lettre écrite. "Nous te pardonnerons jamais d’avoir pris le volant." Dans son réquisitoire, le substitut du procureur Mathhieu Colomar explique à la famille de la victime que la sanction qu’il va demander ne sera sans doute jamais assez suffisante à leurs yeux, "Aucune peine ne sera assez lourde pour faire votre deuil".

"Nous aurons du mal à tourner la page" dit Eric le papa

Il encourt sept ans de prison

Matthieu Colomar ne demande pas la peine maximale. Les analyses sanguines réalisées démontrent que la conduite du prévenu n’a pas été altérée par une consommation de stupéfiants. Le conducteur était en pleine possession de ses moyens. Il avait un taux important, mais sans doute lié à une consommation plus ancienne. Le conducteur, gros consommateur depuis l’âge de 15 ans, assure ne pas avoir fumé dans les cinq jours précédents l’accident.

Le cannabis peut rester dans le sang jusqu'à 12 jours dit son avocate Valérie Cons (Barreau de Perpignan)

Le Ministère public réclame deux ans de prison avec sursis, une obligation de soins et l'annulation du permis de conduire. La défense (deux avocats) va dans le sens du parquet, précisant qu’il n’y avait pas d'altération comportementale liée au cannabis, regrettant que la conductrice n’ait pas été poursuivie elle aussi. Il n’y a pas eu enquête pour savoir pourquoi elle n’avait pas réagi avant l’impact (téléphone ou pas) précise Michel-Pierre Raynaud-Bardon. La défense rappelle que la conductrice prenait un traitement médical qui aurait pu entraîner une somnolence au volant.

La conductrice à l'origine de l'impact et qui n'a pas été poursuivie, a sans aucun doute une part de responsabilité dit son autre avocat Michel-Pierre Raynaud-Bardon(barreau Béziers)

Après trois heures d’audience, le tribunal reconnaît le prévenu coupable de la mort de son ami d’enfance et le condamne à deux ans de prison, dont un an avec sursis, une obligation de soins et prononce l’annulation du permis de conduire. La consommation de cannabis n’a pas été retenue.