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Un an de prison ferme pour un surveillant pénitentiaire après des violences sur un détenu

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Par , France Bleu Isère

Après plus de trois heures d'audience, le surveillant pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier, a été condamné ce mercredi à un an de prison ferme par le tribunal de Vienne. Il a été reconnu coupable d'avoir ouvert la porte de la cellule d'un détenu pour laisser trois autres le frapper.

Tribunal judiciaire de Vienne (illustration).
Tribunal judiciaire de Vienne (illustration). © Radio France - Bastien Thomas

"C'est une faute très grave et une entorse incroyable à la déontologie du surveillant pénitentiaire" clame Paul Louchouarn, procureur de la République adjoint dans son réquisitoire. Samedi 23 janvier dernier, un détenu a été roué de coups par trois autres prisonniers. Le surveillant avait ouvert sa cellule et rédigé un rapport faussé. Il a été condamné à un an de prison ferme et ne pourra plus travailler au sein de l'administration pénitentiaire.

En l'espace de quelques minutes, samedi 23 janvier après-midi, alors que la caméra de vidéosurveillance avait été obstruée par une feuille de papier, il reçoit des coups de poing et de pied. Son nez est cassé et de nombreuses contusions sont constatées par un médecin. Un autre détenu se charge de nettoyer les traces de sang dans la cellule.

Des actes à l'encontre de la profession

Pendant l'audience, le surveillant, 24 ans et originaire de Mayotte, se défend. Il dit avoir été dépassé par les événements face à des insultes racistes régulières du détenu violenté. Il serait surnommé "Kimpembe" (ndlr : joueur de football professionnel) par certains, une appellation inscrite sur les murs de la cellule du détenu. Il reconnait avoir ouvert la porte de la cellule pour tenter d'apaiser la situation et trois prisonniers selon lui, des auxiliaires d'étage, en auraient profité pour entrer et frapper à plusieurs reprises la victime, considérée comme un détenu agité. Mais il nie les faits de préméditation.

La prison de Saint-Quentin-Fallavier, en Isère (photo d'archives)
La prison de Saint-Quentin-Fallavier, en Isère (photo d'archives) © Radio France - Céline Loizeau

Des explications qui ne convainquent pas le tribunal. Les magistrats retiennent les fausses déclarations du surveillant lors de son rapport d'incident et le fait qu'il n'ait pas déclenché son alarme, tout comme l'ouverture de la cellule, alors que pour ce type de détenu sensible, il faut obligatoirement deux surveillants. Il justifie cela par un sous-effectif, notamment le week-end.

"Un procès à l'image du monde carcéral"

Les trois prévenus et la victime prennent tour-à-tour la parole lors de l'audience et seul un des trois agresseurs présumés, le plus jeune, avoue clairement avoir participé aux actes de violences. Il incrimine également le surveillant, qui serait l'instigateur et auteur de coups. Un autre reconnait avoir coupé l'image de la caméra, "un code pour indiquer aux surveillants qu'il faut intervenir rapidement" dit-il. Le troisième nie en bloc et déclare n'être jamais entré dans la cellule, "seulement devant la porte pour apporter des cigarettes".

Nous ne sommes pas au souk - Madame la Présidente

Quant à la victime, ses déclarations sont floues. Il ne se rappelle plus très bien de cet après-midi. Et il a du mal à accepter les questions et les contradictions apportées par les avocats des prévenus. Il les interrompt plusieurs fois avant de quitter l'audience (ndlr : il était en visio-conférence depuis son lieu d'incarcération). "Regardez, il est fou" dit l'un des prévenus. Tous insistent sur la gestion difficile de ce détenu. "Ce n'est pas une journée portes ouvertes" lui répond la Présidente. "On ne va pas faire comme la dernière fois, le 5 février lors de la première audience" dit-elle.

C'est une audience à l'image du monde carcéral. C'est très difficile de savoir qui dit la vérité - Paul Louchouarn, procureur de la République adjoint

Après délibération, le tribunal reconnait les quatre prévenus coupables de violences en réunion. Le surveillant, trois ans dans l'armée et quatre ans d'ancienneté dans l'administration pénitentiaire, dont une à Saint-Quentin-Fallavier, est condamné à un an de prison ferme et ne pourra plus travailler comme gardien. Les trois détenus ont, eux, été condamnés à des peines d'emprisonnement de 12 à 16 mois fermes, avec leur maintien en détention.

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