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Un demandeur d'asile condamné à Poitiers pour avoir fait l'éloge de la décapitation de Samuel Paty

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Par , France Bleu Poitou, France Bleu

Un jeune Afghan de 26 ans a été condamné ce mercredi à Poitiers à 18 mois d'emprisonnement, une peine assortie d'une interdiction définitive du territoire national. Ce demandeur d'asile était jugé pour avoir fait l'apologie de l'assassinat de Samuel Paty sur plusieurs réseaux sociaux.

Le tribunal correctionnel de Poitiers a condamné mercredi à un an et demi de prison ferme un jeune Afghan, demandeur d'asile, qui avait fait l'apologie de la décapitation de Samuel Paty sur plusieurs réseaux sociaux.
Le tribunal correctionnel de Poitiers a condamné mercredi à un an et demi de prison ferme un jeune Afghan, demandeur d'asile, qui avait fait l'apologie de la décapitation de Samuel Paty sur plusieurs réseaux sociaux. © Radio France - Jules Brelaz

Quatre jours après son interpellation dans un centre d'accueil pour migrants de Poitiers, un ressortissant afghan a été condamné ce jeudi pour apologie du terrorisme sur internet. Le tribunal correctionnel de Poitiers lui a infligé une peine d'un an et demi de prison ferme ainsi qu'une interdiction définitive de paraître sur le territoire français. Ce demandeur d'asile de 26 ans comparaissait pour une série de messages publiés sur les réseaux sociaux quelques jours après l'attentat islamiste de Conflans-Saint-Honorine.

Ces messages "je les publiais à titre informatif" (Prévenu)

Un post Facebook faisant l'éloge de la décapitation de Samuel Paty, un message surmonté de deux sabres ensanglantés. Mais aussi une vidéo d'Emmanuel Macron publiée sur le réseau Tik Tok légendée d'un verset du Coran en arabe appelant à "faire souffrir ceux qui blessent les messagers d'Allah". Ou encore cette photo de son profil Whatsapp montrant un combattant armé, qui a tout l'air d'un jihadiste. 

"C'est parce que je suis fan de chasse", répond le prévenu, qui raconte, par l'intermédiaire d'un interprête, son enfance difficile en Afghanistan. L'air penaud, la barbe épaisse dépassant de son masque de protection, le jeune homme se décrit comme un musulman pratiquant mais pas radicalisé. Les autres messages, "je les publiais à titre informatif", assure-t-il, avant d'affirmer qu'il ne comprenait même pas la signification des verset du Coran, puisqu'il ne parle pas l'arabe mais uniquement le dari, la langue persane d'Afghanistan. 

"Mais de qui se moque-t-on ?", s'insurge le substitut du procureur de la République de Poitiers, avant de fustiger "les imbéciles et les ignorants qui répandent la terreur au nom d'une religion qui veut nous faire revenir des siècles en arrière". Citant mot pour mot le discours d'Emmanuel Macron lors de l'hommage national à l'enseignant assassiné, le représentant du ministère public adresse, la voix grave, et dans un silence de cathédrale, un réquisitoire poignant qui a résonné entre les murs de la salle d'audience.

"Vous savez qui était Samuel Paty ?" (Procureur)

La défense ne se fait guère "d'illusion". "Je sais qu'une peine sera prononcée car les faits sont graves", reconnaît la propre avocate du prévenu. Celle-ci demande toutefois la clémence du tribunal, invite les magistrats à "un peu de recul" pour "ne pas faire de son client un exemple" dans le climat actuel.

Après une délibération d'une dizaine de minutes, la présidente du tribunal énonce le jugement, "coupable". Le prévenu est condamné à 18 mois de prison ferme, soit six mois de moins que les réquisitions, mais comme le réclamait le parquet, la peine d'emprisonnement est assortie d'une interdiction définitive du territoire national. Le demandeur d'asile sera donc expulsé à l'issue de son incarcération. Avant d'être conduit au centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne, le jeune homme demande s'il pourra continuer, comme il en a l'habitude, à parler avec sa mère au téléphone.

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