Faits divers – Justice

Un demandeur d'asile porte plainte pour violences policières à Montpellier

Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault et France Bleu jeudi 10 novembre 2016 à 6:10

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Illustration © Radio France - Sylvie Duchesne

Arrivé du Soudan en septembre, Gassim dit avoir été frappé par deux policiers à l'arrêt de tram "Louis Blanc", à Montpellier. Il a déposé plainte le 5 novembre. Au commissariat, on confirme qu'une enquête est en cours en réfutant toute violence, vidéo à l'appui.

À 24 et 26 ans, ils ont déjà connu l'esclavage et la torture. Youssef et Gassim sont deux jeunes Soudanais qui ont fui la guerre au Darfour. Le temps que leur demande d'asile soit instruite, des familles héraultaises se relaient pour les héberger.

Jeudi dernier, ils sont dans le tram, ligne 1. À l'arrêt Louis Blanc, des contrôleurs leur demandent de descendre de la rame au motif qu'ils ont composté leur ticket trop tard. Gassim ne parle que l'arabe, Youssef parle anglais. L'incompréhension est totale.

Le seul document qu'ils ont sur eux, c'est leur demande d'asile. Pour eux, il est tellement précieux qu'ils refusent de le "donner" aux contrôleurs. Ces derniers appellent la police qui envoie deux agents sur les lieux. D'après les deux Soudanais, c'est à partir de là que les choses dérapent.

"Chez nous, ils cachent leur demande d'asile sous leur matelas."

Catherine ne peut contenir son émotion. Elle héberge Gassim et Youssef

Gassim dit avoir été encerclé par les contrôleurs, frappé par les policiers puis jeté à terre. Une demie-heure plus tard, les pompiers l'emmènent aux urgences de l'hôpital où le médecin constate un œdème à la pommette droite.

Aujourd'hui encore, Gassim se plaint de saignements de nez et de troubles de la vue. Il est soutenu dans ses démarches par la Cimade, une association qui défend les droits des réfugiés et des migrants.

Violence démentie

À l'Hôtel de police, on confirme qu'une enquête est en cours, mais toute violence est formellement démentie, vidéo à l'appui. Les premiers visionnages n'ont rien révélé de tel.

En revanche, il est précisé qu'il y a eu fouille corporelle à la suite de laquelle Gassim a été victime d'un malaise, simulé ou non, parce qu'il souffrirait d'une "phobie des uniformes".