Faits divers – Justice

Un détenu agresse une aide-soignante à l'hôpital Janet du Havre

Par Amélie Bonté, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) mercredi 25 mars 2015 à 17:14

Hôpital (illustration).
Hôpital (illustration). © Fotolia.com

Lundi après-midi, un détenu a menacé avec une lame de rasoir, une aide-soignante de l'unité psychiatrique Féroé, spécialisée dans l'accueil et le soin de prisonniers. C'est le 3ème incident grave depuis l'ouverture de l'unité en mai 2013 au sein de l'hôpital Pierre Janet du Havre.

Lundi vers 13H, ils étaient deux employés au sein de l'unité Féroé, une unité psychiatrique pour détenus . L'un des trois patients-détenus, arrivé vendredi dernier, a empoigné une aide-soignante , l'a menacé à la gorge avec une lame de rasoir . Il voulait apparemment s'enfuir. Par chance, deux autres collègues étaient dans le service et ont pu rapidement intervenir. Ils ont pris des coups au visage et aux côtes, mais également des coupures au bras. En tout, ce sont donc quatre employés qui ont été bléssés et sont désormais très choqués.

Un manque de moyen dénoncé par les syndicats et par la direction

 

Cette unité spécialisée a ouvert en mai 2013 au sein de l'hôpital psychiatrique Pierre Janet . Douze personnes s'y relaient nuit et jour pour accueillir et soigner les prisonniers. L'Agence Régionale de Santé (ARS) avait d'abord alloué huit personnes au service, la direction a dû compléter avec quatre autres volontaires, pour assurer le bon fonctionnement des lieux. Tous les employés de cette unité spécialisée y travaillent sur la base du volontariat . Mais d'aprés les syndicats, ils ne sont pas assez nombreux pour faire face à ces patients-détenus souvent dangereux . Au moment de l'agression il y avait donc trois patients au sein de l'unité, et deux employés, une situation habituelle, puisque les employés travaillent en binôme à chaque quart.

La sécurité de l'unité Féroé en question depuis l'agression


La question demeure depuis cette agression : comment ce patient a-t-il pu arriver à l'hôpital avec une lame de rasoir sur lui ? C'est avéré, il l'avait avec lui depuis son départ de la prison de Saint-Aubin du Routot . Personne, ni les services pénitentiaires, ni les soignants ne l'avaient remarqué. La lame était dissimulée dans la doublure du paquet de tabac du détenu. Pourtant, il y a une fouille à la prison avant la sortie, puis à l'arrivée à l'hôpital. Les syndicats alertent aussi sur les problèmes de sécurité du bâtiment.

"Certes il y a des caméras, mais beaucoup d'angles morts", explique Lionel Lebourg, délégué CHST du syndicat SUD.

Il y a également un portique de détection, un sas, un système d'alerte. Mais une fois le détenu transféré par les services pénitentiaires, il n'y a pas d'agents ou de policiers qui restent sur place. Seuls les soignants gèrent.

"Il faut que les procédures soient sécurisantes pour tout le monde. Notre métier c'est de faire du soin, par d'être agent de sécurité", rappelle la directrice de l'hôpital Pierre Janet, Laurence Biard.

Depuis l'agression , les quatre employés sont en arrêt maladie. Ils ont demandé à ne plus travailler au sein de cette unité psychiatrique pour détenus . Ce que la direction a accepté. En attendant ils sont remplacés par d'autres, volontaires. Le détenu en cause a été placé en garde à vue rapidement. Il y a encore deux patients dans cette unité Féroé. Le syndicat SUD réclame la fermeture de l'unité, une fois ces patients partis, et bloquera s'il le faut l'arrivée de tout autre détenu. Ils devront alors se rendre à Lille. Un CHST extra-ordinnaire est prévu jeudi matin. Le directeur du groupe hospitalier du Havre, de son côté, a réclamé une réunion d'urgence avec l'ARS, le Préfet et les services pénitentiaires.