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Faits divers – Justice

Un élu de Sérignan échappe à la prison ferme après avoir tiré en l'air pour faire fuir des jeunes

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Par , France Bleu Hérault

Un exploitant agricole de Sérignan (Hérault) était poursuivi devant la justice pour avoir tiré en direction d'un groupe de jeunes. Ses terres sont détruites depuis des mois par des motards. Excédé par les dégâts causés il a tenté de trouver les auteurs. Menacé et insulté l'élu a sorti une arme à feu

Salle d'audience du Palais de Justice de Béziers
Salle d'audience du Palais de Justice de Béziers © Radio France - Stéfane Pocher

Sérignan, France

Un élu à la mairie de Sérignan (Hérault) a été condamné ce mercredi à huit mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Béziers. Ce père de famille de deux enfants (de 8 et 12 ans) était poursuivi ce mercredi  pour violence aggravée. Le 23 mai 2019, Olivier Chkoundy, a tiré en direction d'un groupe de sept jeunes sur un terrain privé, pas bien loin de la salle de spectacle la Cigalière. 

Deux d'entre eux, âgés de 23 et bientôt 18 ans, ont été blessés notamment au dos, à la tête et aux fessiers. Le prévenu, placé sous contrôle judiciaire, comparaissait libre.

Des destructions de vigne répétées

Depuis des mois, les terres de cet exploitant agricole sont dégradées par de jeunes motards et par des passages répétés de vélo. "J'en ai pour 7.000 euros de frais depuis le début de l'année. Un nombre impressionnant de pieds de vignes détruits (1.200 plants) à cause de ces passages répétés" rajoute-il.  

Les jours précédents le tir, le prévenu âgé de 35 ans avait alerté la police municipale à deux reprises. Mais en vain. Après de nouvelles dégradations Olivier Chkoundy a localisé ce groupe de jeunes, pas bien loin de ses terres. Il a voulu des explications

Ces derniers, alcoolisés et drogués d’après ses dires, étaient devenus menaçants. "J'ai sorti mon fusil quand ils se sont approchés de ma voiture. Ils ont fui. J'ai alors tiré en l'air avec une arme utilisée pour le petit gibier". Les billes d'acier ont rebondi dans les arbres avant de toucher les victimes d’après l'expertise balistique. 

Les victimes étaient à 80 mètres

Le prévenu, qui est par ailleurs chasseur (président de la diane), assure ne pas les avoir mis en joue. Les victimes ont été touchées par des billes en acier. Les victimes étaient à 80 mètres quand le tireur fait usage de son arme. Une cartouche contient 200 plombs. Des jeunes viendraient régulièrement sur son domaine de 126 hectares. Certains feraient pousser illégalement des plants de cannabis au bord de la rivière.

"J'ai eu peur de leurs réactions. Ils voulaient tout arracher, me casser tous les plants" dit le prévenu Olivier Chkounda

Sur un terrain privé, un circuit de moto-cross aménagé

Olivier Chkoundy est un ancien champion de France de moto, il a un casier judiciaire vierge et son contrôle d'alcoolémie était néant ce jour-là. Il a fait aménager, sur un terrain privé, un circuit de moto-cross pour que les gamins de sa commune, puissent s'y rendre. Malgré cela, certains continuent sans impunité d'aller sur les terres. La semaine dernière, l'un d'entre eux a été interpellé par la gendarmerie.

Une passion dévorante pour les armes de petits gibiers depuis son adolescence 

19 armes ont été retrouvées à son domicile et dans sa voiture lors des perquisitions. Elles ont toutes été déclarées. Le prévenu passionné d'armes, est par ailleurs président d'une société de chasse d'une cinquantaine d'adhérents. Il intervient de manière régulière pour la régulation du gibier dans le département. 

"Je n'ai pas choisi ce fusil par hasard explique le prévenu à la barre. Je savais que ces billes en acier ne feraient aucun mal. Si j'avais voulu tuer, j'aurai pris des calibres bien plus importants".

La plus jeune des victimes bientôt 18 ans, est connue des autorités. Le même-jour il a été placé en garde à vue pour une affaire de stupéfiants. Accompagnée de ses deux parents et sans avocat, il réclame 10.000 euros de préjudice moral. L'autre, plus âgé, absent à l'audience, est plus modéré. Son avocate Maître Nathalie Pargoire réclame 4.000 euros de préjudices moral et psychologique.

"La colère n'est pas excusable. Rien ne justifiait ce tir. Même en l'air".

"Mon client (23 ans) est encore sous le choc" dit son avocate Biterroise Me Nathalie Pargoire. "Il n'a rien à voir avec cette histoire"

Lors des ses réquisitions, le ministère public, bien embarrassé par cette affaire, réclame douze mois de prison dont six fermes et une interdiction de posséder une arme pendant cinq ans. 

"Se faire justice soi-même  n'est pas une bonne idée, malgré les dégradations répétées".

L'avocate du prévenu rappelle que son client a aussi porté plainte pour menaces de mort, injures, et dégradations, mais que cette dernière n'a pas été retenue. Dans sa plaidoirie, Florence Delfau-Bardy rappelle que son client n'a pas porté l'arme à l'épaule. Les jeunes n'ont pas été mis en joue. Le tee-shirt des victimes n'a même pas été troué d’après le rapport des urgences de l’hôpital de Béziers.

Le tribunal a été plutôt clément et a entendu les arguments de son avocate. Il ne prononce aucune peine de prison ferme. L'élu de Sérignan est reconnu coupable des faits. Il est condamné à huit mois de prison avec sursis, une interdiction de porter une arme pendant trois mois. Sur les 19 armes en sa possession, seule celle qui a été utilisée ce jour-là est confisquée. Quant aux victimes, elles seront dédommagées, mais à hauteur de 500 euros.