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Faits divers – Justice DOSSIER : Un été en bleu

Dans les pas de Victor, jeune gendarme réserviste

samedi 29 juillet 2017 à 8:00 Par Nicolas Fillon, France Bleu Auxerre

UN ÉTÉ EN BLEU - France Bleu Auxerre vous propose chaque semaine une immersion dans le quotidien des gendarmes de l'Yonne. Cette semaine, plongée dans les pas de Victor, un jeune réserviste.

Victor, 23 ans, est un jeune gendarme réserviste à la brigade d'Auxerre. On ne verra pas son visage sur ces photos, préférant rester discret. Le voilà parti en patrouille dans le cadre de l'Opération tranquillité vacances.
Victor, 23 ans, est un jeune gendarme réserviste à la brigade d'Auxerre. On ne verra pas son visage sur ces photos, préférant rester discret. Le voilà parti en patrouille dans le cadre de l'Opération tranquillité vacances. © Radio France - Nicolas Fillon

Auxerre, France

Certains jeunes choisissent pour leur job d'été d'être animateurs en centre de loisirs. D'autres préfèrent exercer en tant que cantonniers dans leur village, s'adonner à la récolte dans les exploitations céréalières ou bien évoluer dans les métiers de la restauration.

Victor, 23 ans, a choisi d'être gendarme réserviste. Et comme lui, ils sont un peu plus de 200 à être mobilisés dans les différentes casernes de l'Yonne.

Une "moquette" qui donne de son temps

Gilet tactique et pare-balles, bottes de sécurité, radio, lampe-torche, gants d'intervention, bâton télescopique mais aussi pistolet semi-automatique Sig Sauer... Victor n'est que "moquette", comme on surnomme tout gendarme réserviste adjoint de seconde classe, car dépourvu de grade velcro sur son polo bleu au niveau du torse.

Mais à part ça, rien ne le distingue de ses autres collègues titulaires. Cela fait un an que cet étudiant parisien en Master 2 Cybersécurité - qu'il compte terminer en novembre prochain - donne un peu de son temps pour renforcer les unités d'active à Auxerre.

Un mois de préparation

Pour devenir gendarme réserviste, il faut satisfaire plusieurs conditions comme l'explique le site du ministère de l'Intérieur. Il faut tout d'abord être de nationalité française, âgé de 17 ans au moins et 40 ans au plus. Avoir satisfait aux obligations du service national et suivi la journée d'appel de préparation à la défense (JAPD) ou la journée défense et citoyenneté (JDC) est également obligatoire.

Il est aussi nécessaire d'afficher une bonne condition physique, être apte moralement et psychologiquement. L'obtention du diplôme de gendarme adjoint de réserve (DGAR) à l'issue d'une préparation militaire d'un mois encadrée par la gendarmerie est une autre condition sine qua non. Un stage qu'a bien évidemment suivi Victor.

Sur cette photo, on peut apercevoir tout l'attirail de Victor, qui n'a rien à envier à celui d'un gendarme titulaire. - Radio France
Sur cette photo, on peut apercevoir tout l'attirail de Victor, qui n'a rien à envier à celui d'un gendarme titulaire. © Radio France - Nicolas Fillon

Ce qui plaît au jeune homme dans le fait de revêtir l'uniforme de gendarme réserviste ? "Pouvoir découvrir le monde militaire que je souhaite à l'avenir intégrer, tout en continuant mes études", assure Victor.

J'aime ce côté opérationnel (Victor, 23 ans et gendarme réserviste à Auxerre)

Avec un grand-père gendarme, Victor avait de qui tenir. "Je reprends en quelque sorte le flambeau familial", sourit-il.

Patrouille de nuit comme de jour

Ses missions ? Principalement des patrouilles, de nuit, entre 1h et 6h du matin. Mais aussi de jour, notamment dans le cadre du dispositif Opération tranquillité vacances.

Et lorsqu'on lui demande s'il a déjà dû procéder à des interventions "musclées", l'intéressé ne se cache pas : "En principe, en tant que réserviste, on n'est pas supposé intervenir dans ce genre de cas, mais malheureusement, ça nous arrive. On ne peut pas anticiper. On a l'obligation d'intervenir sur tous les faits et délits que l'on peut constater, comme un gendarme. Il n'y a pas de différence."

C'est la relève ! (Olivier, gendarme à la brigade d'Auxerre)

Gendarme réserviste, plus qu'un job d'été pour Victor ? C'est un grand "oui" pour le jeune étudiant. Il avoue avoir effectué "60 jours" de réserve en 2017. "C'est une réelle passion et un réel engagement", confirme-t-il. À noter qu'il est payé environ 55 € net par jour pour effectuer sa mission. C'est ce que doit normalement toucher un gendarme réserviste de son rang et expérience.

Avec sa coupe dégradée, sa barbe de trois jours et son ton très posé, Victor semble être dans son élément. À ses côtés ce vendredi après-midi pour l'accompagner lors d'une patrouille du dispositif Opération tranquillité vacances dans le secteur de Seignelay, Olivier, gendarme à la brigade d'Auxerre, la quarantaine, apprécie : "C'est la relève ! Les jeunes sont très impliqués quand ils arrivent chez nous, et ça, c'est très bien."

Victor et son collègue Olivier, en pleine patrouille dans le cadre de l'Opération tranquillité vacances, dans le secteur de Seignelay. - Radio France
Victor et son collègue Olivier, en pleine patrouille dans le cadre de l'Opération tranquillité vacances, dans le secteur de Seignelay. © Radio France - Nicolas Fillon

Les réservistes, un gros plus pour le capitaine Delépine, adjoint au commandant de compagnie de gendarmerie d'Auxerre : "Ils nous permettent de renforcer des missions de service d'ordre sur des grands événements, comme par exemple pour le feu d'artifice de Rogny-les-Sept-Écluses ce samedi. Les gendarmes réservistes nous aident notamment dans des périodes compliquées, celles des vacances scolaires."

Et de poursuivre : "Au niveau du groupement de gendarmerie de l'Yonne, on compte environ 220 réservistes actifs actuellement, avec deux à trois patrouilles réparties sur l'ensemble de la compagnie par jour. Il y a de tout : des nouveaux qui veulent découvrir le monde de la gendarmerie pour savoir s'ils veulent s'engager sur le long terme, et des anciens camarades partis à la retraite qui reviennent au sein de la réserve pour venir nous aider."

Un renfort de plus en plus indispensable (Capitaine Delépine, adjoint au commandant de compagnie de gendarmerie d'Auxerre)

"Un renfort de plus en plus indispensable", notamment en période de Vigipirate. Les gendarmes réservistes ne viennent "pas que pendant l'été", indique le capitaine Delépine : ils sont là "tout au long de l'année".

Son choix de rejoindre la réserve de la gendarmerie a en tout cas suscité admirations, mais aussi vocations chez les amis de Victor. "Beaucoup sont fiers et admiratifs de connaître un gendarme dans leur entourage. Ils sont très curieux, posent beaucoup de questions et se montre très intéressés. Du coup, chez certains s'est révélé un goût pour la gendarmerie ! J'en connais un qui va intégrer la réserve d'ici l'été prochain, tandis qu'un autre s'est inscrit au concours de sous-officier au mois d'octobre."

Un concours que Victor compte lui aussi passer. Il espère rejoindre la gendarmerie en tant qu'enquêteur en cybercriminalité. "Ce serait le but ultime, le rêve ultime", souffle-t-il, sourire en coin. Il se donne "deux à trois ans" pour y arriver.

UN ÉTÉ EN BLEU | Dans les pas de Victor, jeune gendarme réserviste