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Un ex commando de marine rejugé à Caen pour vente illégale d'armes de guerre

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Un ancien fusiller marin de 54 ans jugé en appel à Caen pour commerce illégal d'armes de guerre. Pendant plusieurs années, il a passé des contrats avec des pays africains sans l'autorisation de la Direction générale de l'armement. La cour d'appel a requis une peine moins lourde qu'en 1ère instance.

L'ancien militaire a été condamné en première instance à trois ans de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende.
L'ancien militaire a été condamné en première instance à trois ans de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende. © Radio France - Olivier Duc

Condamné en 2019 en première instance à trois ans de prison et 50 000 euros d'amende, l'ancien militaire avait fait appel. La cour a réexaminé les faits ce vendredi. L'accusation estime qu'il est coupable d'avoir vendu des armes illégalement en Afrique, mais elle a demandé une peine moins lourde que celle prononcée par le tribunal correctionnel de Caen. La décision sera rendue le 19 février 2021. 

La DGA lui demande de se séparer de son associé poursuivi pour corruption

L'ex-commando de marine, reconverti dans les affaires, crée sa première société en 2013 à Dozulé (Calvados). Grâce à ses réseaux et sa bonne connaissance des armes, il décroche rapidement de gros contrats avec la Mauritanie, le Bénin, le Maroc. Le prévenu âgé aujourd'hui de 54 ans a déclaré son activité et la Direction Générale de l'Armement ne lui dit rien.... jusqu'au jour où son associé, un Marocain entré dans le capital de la société entre-temps, est mis en examen pour corruption. "On m'a dit qu'il fallait que je le sorte du capital, mais je n'avais aucun moyen d'y parvenir" explique cet homme volubile. 

Le chef d'entreprise crée une deuxième société pour mener les contrats à bien

Démarre alors une période de deux ans tumultueuse. "Je venais d'être papa, je travaillais 70 heures par semaine, je courais partout pour essayer de me maintenir à flot". Il crée alors une autre société. "Pour assurer les contrats en cours, il fallait écouler les stocks" explique-t-il. Stocks de jumelles de vision nocturne, de boucliers balistiques, de chargeurs ou encore de fusils d'assaut. Ceux ci vont transiter via deux sociétés belge et luxembourgeoise pour arriver au Congo et au Maroc. "Ce n'est pas de la "barbouzerie", se défend-il, c'était pour équiper les forces spéciales de ces pays". Il reconnait des maladresses, voire des erreurs, mais involontaires face à une réglementation qu'il juge extrêmement complexe.

Une réglementation volontairement pointilleuse pour éviter les dérives de trafic d'armes

"Justement si elle est si tatillonne, c'est pour éviter que des armes vendues en toute légalité ne se retournent un jour contre la France" répond l'avocat général. David Pamart qui lui reproche également un abus de biens sociaux au préjudice de sa première société. "Pour ces faits rares" souligne le magistrat - une à deux juridictions seulement en sont saisies chaque année - il requiert deux ans de prison avec sursis et 30 000 euros d'amende, ainsi qu'une interdiction de gérer une société pendant cinq ans.

L'ex commando travaille désormais en Albanie

Le prévenu, qui s'est depuis relancé dans des projets hôteliers en Albanie avec le groupe Accor, mais a dû tout stopper à cause du Covid, dit n'avoir aujourd'hui plus que 350 euros en poche. "Aujourd'hui je suis fatigué et la seule chose que je veux c'est pouvoir revenir travailler en France pour être auprès de ma fille de sept ans". Et ajoute-t-il "rester loin de la vente de matériel de guerre et de toutes les démarches administratives".

La cour d'appel de Caen rendra sa décision le 19 février 2021 à 8h30.

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