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Faits divers – Justice

Un faux artisan condamné à quatre ans de prison ferme après avoir escroqué des personnes vulnérables

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Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Deux Héraultais comparaissaient vendredi devant le tribunal correctionnel de Béziers pour avoir escroqué des personnes vulnérables. Une peine assez lourde a été prononcée contre le principal suspect, du sursis pour son complice. Une quinzaine de victimes ont été abusées entre le 15 et 30 septembre.

Palais de Justice de Béziers
Palais de Justice de Béziers © Radio France - Stéfane Pocher

Béziers, France

Il ne fait décidément pas bon d'avoir un handicap, ni un âge trop avancé. Un escroc et son complice étaient devant le tribunal correctionnel de Béziers (Hérault) ce vendredi 18 octobre, pour avoir abusé de personnes âgées et handicapées. Cinq ans de prison (dont quatre ferme) ont été prononcés contre le plus âgé. Cet homme de 32 ans est originaire de Gigean.

Son complice, moins impliqué, âgé de seulement 24 ans, est condamné à un an de prison avec sursis et 140 heures d'intérêt général. Ce dernier comparaissait libre et sous contrôle judiciaire. Ce type d'escroquerie est malheureusement trop courant dans le Biterrois et les personnes âgées bien trop souvent la cible de malfrats, qui ne manquent pas d'imagination pour leur dérober leur petite retraite.

Poursuivis l'un et l'autre pour escroquerie, vols par ruse et effraction

Le plus lourdement condamné (détenu), se faisait passer pour un artisan, spécialisé dans la rénovation et l'entretien des toitures. Il expliquait à ses victimes qu'il venait de réparer le toit du voisin et qu'il était intervenu sur le leur ayant constaté des tuiles cassées. Il facturait (en liquide) alors cette intervention sans que les intéressés puissent vraiment vérifier. Ce dernier n'avait rien d'un artisan. Seul son véhicule et sa tenue fluorescente pouvaient le laisser penser.

Les faits se sont déroulés entre le 15 et le 30 septembre à Portiragnes, Hérepian, Maraussan, Vias, Saint-Chinian, Bédarieux Lespignan. Une quinzaine de victimes handicapées ou âgées sont tombées dans le piège au cours les deux dernières semaines de septembre. La plus âgée a 104 ans. La plus jeune, 68 ans. Seul le fils de l'une d'entre elles était présent à l'audience. Les autres, en fauteuil roulant (ou se déplaçant très difficilement) ou sous assistance respiratoire, n'ont pas pu se rendre au tribunal de Béziers. 

Identifié par ses empreintes et le bornage de son téléphone portable

Cet escroc repérait ses victimes grâce à leur prénom inscrit sur les boîtes aux lettres devant leur domicile. Ce dernier a été repéré grâce à ses empreintes génétiques laissées sur un verre (d'alcool) offert chaleureusement par l'une des victimes. Son complice, ancien salarié au port de Sète avait été embauché (au noir) comme chauffeur pour conduire son patron (sans permis) sur le terrain. Il nie être impliqué dans cette escroquerie, ce que confirmera à l'audience le principal suspect.  

"Je ne suis jamais descendu du véhicule, jamais rendu chez les victimes. Mon tort est de ne pas avoir posé plus de questions, de ne pas avoir été curieux. J'aurais dû me douter que ce que je faisais n'était pas vraiment très clair. Il y avait très peu d'outils dans la voiture et encore moins une échelle pour monter sur les toits". 

L'escroc assume les faits, disculpe son complice et minimise les violences. "Aucun coup porté" dit-il. Il met tout sur le compte de l'alcool. Son comportement agace la présidente du tribunal Claire Ougier :

"Quand on va chez des personnes âgées pour leur soutirer de l'argent, ce n'est pas une agression ? Quand vous les insultez parce qu'elles ne veulent pas vous payer en liquide, ce n'est pas violent ? Pourquoi n'êtes-vous pas allé chez des rugbymen pour faire la même chose ?  Vous dites que vous avez des problèmes d'alcool, mais vous pensez que je suis médecin ? Vous avez besoin que la justice vous prenne la main pour aller chez le docteur ? "

Cet homme est bien connu de la justice. 17 condamnations depuis 2007 notamment pour des affaires de recel et de vols en réunion ou encore conduite sans permis et défaut d'assurance. En janvier 2019, il a déjà été condamné à six mois de prison avec sursis pour abus de faiblesse dans le nord de la France. Mais cette peine de prison avec sursis n'a pas été suffisante.

Interpellé le 14 octobre dernier dans le Gard au volant de sa voiture 

Le fils d'une des victimes raconte à la barre comment il s'est retrouvé nez à nez avec ce dernier qui était rentré dans la maison de sa mère à Lespignan. Il a bien du mal à retenir ses émotions. Sa mère de 92 ans, à moitié sourde et aveugle,  était dans tous ses états quand l'escroc lui demande 200 euros en liquide. Ce qu'elle n'a jamais à la maison explique t-il, "je suis allé au distributeur de banque avec lui pour retirer ce qu'il demandait".

"Ma mère a eu une crise de nerfs quand elle s'est rendue compte qu'elle ne pouvait pas payer en liquide"

Le principal suspect, arrogant, malicieux, ne baisse pas les yeux, et savoure cet instant, s'excusant à peine du bout des lèvres du mal qu'il a fait. Le parquet réclame la plus grande sévérité : quatre ans de prison ferme pour le principal suspect, le maintien en détention et confiscation du véhicule ayant été utilisé. Le ministère public est convaincu que son complice avait connaissance des faits et réclame un an de prison.

"Il est intolérable de s'en prendre à des personnes faibles" dixit Chloé Romero.

"C'est un véritable traumatisme pour les victimes. Les prévenus ont cherché des personnes vulnérables, tantôt des personnes âgées tantôt des personne handicapées. Il y a une vraie mise en scène. C'est minable ce que vous avez fait" rajoute la procureur de la République. "Vos victimes vous ont offert à boire et vous avez abusé de leur hospitalité. Vous n'en n'êtes pas à votre premier essai. Mais visiblement, la condamnation prononcée en début d'année ne vous a pas servi de leçon".

Christelle Petit, l'avocate du principal suspect essaye difficilement de lui trouver des excuses pour minimiser la peine réclamée, expliquant d'abord que son client n'hésitait pas à partir quand les victimes le lui demandaient. "Il n'y a eu aucune violence" rajoute-t-elle. "Son casier judiciaire est chargé, mais il  n'a jamais été incarcéré " Christelle Petit, demande la plus grande clémence. Ce qui ne sera pas le cas. Le tribunal va au-delà du réquisitoire du parquet pour le principal suspect (cinq ans de prison) et un an de prison avec sursis pour le complice.

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