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Faits divers – Justice

Un garçon d'à peine 20 ans condamné à trois mois de prison ferme pour des violences sur sa compagne à Ardon

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Par , France Bleu Orléans

Vendredi dernier à Ardon, dans le Loiret, au domicile des parents de sa compagne, il l'avait violemment frappée et jetée à terre. Il s'en était pris également à la mère de la jeune femme. Déjà condamné en septembre 2018 pour des violences, il est cette fois maintenu en détention

Le Palais de Justice d'Orléans (photo d'illustration)
Le Palais de Justice d'Orléans (photo d'illustration) © Radio France - Anne Oger

Ardon, France

Quand on assiste régulièrement aux audiences du tribunal correctionnel d'Orléans, on voit évidemment passer très régulièrement des affaires de violences sur conjoint. "Et il y en a de plus en plus" souligne le procureur de la République adjoint à Orléans, Alain Leroux. 

"Comme toutes les violences aux personnes d'une manière générale" continue le magistrat, chiffres à l'appui. "Ici à Orléans on est fin août et _on a déjà dépassé le nombre d'affaires traitées sur toute l'année 2018_. C'est symptomatique d'une chose : les gens ont de plus en plus de mal à exprimer leur colère avec des mots, alors ils l'expriment avec des coups"

Déjà condamné pour des violences en septembre 2018

L'affaire jugée ce mardi après-midi à l'audience de comparution immédiate du tribunal correctionnel d'Orléans, est une illustration de ce qu'avance le magistrat, même si comme toutes les affaires, elle a ses particularités, elle s'inscrit dans un contexte précis, et on ne saurait en faire un exemple. Mais ce qui est sûr c'est que Rogini, le prévenu, reconnait avoir du mal à canaliser sa violence. "Je n'ai pas les mots" a-t-il expliqué un peu plus tôt à son avocate, Maitre Gaelle Duplantier. 

Je n'ai pas les mots quand je suis en colère

Cet épisode de violences s'inscrit malgré tout dans un contexte particulier, une relation que l'avocate qualifie de "pathologique". Rogini et Brittanie se quittent, se retrouvent, ne parviennent pas à se séparer, au point qu'un juge des enfants a estimé que cette situation était suffisamment dangereuse pour placer leur enfant, chez la mère de Rogini. Lui a 20 ans, elle en a 24, et selon le juge, le couple estime ne pas avoir besoin d'aide, alors qu'il y a semble-t-il un contexte d'addiction au cannabis des deux côtés. 

Elle alterne avec lui entre l'amour et la peur dit-elle aux enquêteurs

Brittanie aime Rogini, mais elle dit aux enquêteurs qu'elle alterne avec lui entre l'amour et la peur. Elle n'est pas présente à l'audience, elle n'a pas porté plainte, même si une photo prise juste après les faits montre la violence de la gifle reçue. 

Une gifle, puis un balayage qui la projette au sol, des coups de pieds, et pour finir elle se fait traîner par les cheveux, et insulter. Sa mère, qui tente de s'interposer, est elle aussi tirée par les cheveux. Rogini, le prévenu, reconnait tout, et assume sa responsabilité. "Je voulais rentrer chez ma mère, c'est elle qui me conduit, moi je n'ai pas le permis. Elle m'a dit d'attendre, elle fumait, elle discutait, ça m'a énervé".

On a essayé de parler, mais à chaque fois elle le faisait revenir

La mère de sa compagne, elle, se constitue partie civile : "depuis qu'ils se connaissent ils sont comme ça. Je l'ai déjà vu la frapper, j'ai essayé de parler, on l'a mis dehors. Mais à chaque fois, elle le faisait revenir"

Cette fois, une part de prison ferme

Déjà jugé en septembre 2018 pour des violences identiques, sur sa compagne, le jeune garçon n'était pas venu à l'audience. Il avait été condamné à trois mois de prison avec sursis. Cette fois le tribunal prononce une peine contenant une part de prison ferme, de trois mois. "Je pense que le tribunal a notamment voulu couper court à cette relation toxique" tente l'avocate Gaelle Duplantier. 

"Parfois c'est nécessaire" reconnait Alain Leroux, "le moment de séparation est nécessaire, dans les relations de force. Il faut à un moment donné _séparer physiquement les êtres_, et c'est seulement après qu'on peut imaginer des peines alternatives ou des soins"