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Faits divers – Justice

Un gendarme condamné à 18 mois de prison ferme après avoir provoqué un carambolage mortel, ivre au volant

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Par , , France Bleu Isère, France Bleu

Un gendarme de 35 ans a été condamné jeudi à trois ans de prison, dont dix-huit mois ferme, à Bourgoin-Jallieu (Isère) en comparution immédiate. Ivre au volant, il avait provoqué mardi 26 février un carambolage mortel où deux retraités avaient perdu la vie. Six véhicules avaient été impliqués.

Le gendarme de 35 ans a été contrôlé positif au test d'alcoolémie après l'accident mortel qu'il a provoqué.
Le gendarme de 35 ans a été contrôlé positif au test d'alcoolémie après l'accident mortel qu'il a provoqué. © Maxppp -

Bourgoin-Jallieu, France

Un gendarme de 35 ans, de la brigade de Pont-de-Chéruy, a été condamné jeudi à trois ans de prison dont dix-huit mois ferme, accompagné d'une mise à l'épreuve de deux ans et d'une annulation de permis. Il a accepté d'être jugé en comparution immédiate à la demande du parquet de Bourgoin-Jallieu (Isère). 

A l'issue du jugement, il a été incarcéré à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas (Métropole de Lyon). Ivre au volant de sa voiture, il avait 2,54 grammes d'alcool par litre de sang. Il conduisait trop vite et avait provoqué mardi 26 février un carambolage mortel où deux retraités avaient perdu la vie. 

Six véhicules avaient été impliqués

Le gendarme de 35 ans n'était pas en service mardi soir quand il a heurté, par l'arrière, la voiture d'un couple originaire de Rochetoirin, Florencio et Geneviève Duron, 71 et 69 ans, avenue Irène-et-Frédéric-Joliot-Curie, la deux fois deux voies qui va à l'Isle-d'Abeau.  

Le choc, très violent, avait propulsé le véhicule sur ceux qui se trouvaient devant eux. Au total, six voitures avaient été impliquées dans l'accident. Deux personnes ont été tuées, et il y a eu plusieurs blessés.

Un repas entre amis où l'on boit trois litres de bière

Cheveux courts et barbe bien taillée, le maréchal des logis chef, 35 ans, dont 17 passés en gendarmerie, raconte ce repas avec son collègue qu'il n'avait pas vu depuis longtemps, dans un restaurant du village de marques de Villefontaine. Six heures à parler de la vie, du boulot, tout en buvant trois litres de bière. "On était bien. J’étais en vacances", explique le militaire avant de s'effondrer en pleurs. "C'est une catastrophe, je pense aux victimes, je demande pardon à leur famille". 

La salle d'audience du tribunal de Bourgoin-Jallieu - Radio France
La salle d'audience du tribunal de Bourgoin-Jallieu © Radio France - Véronique Pueyo

Une conduite décrite comme dangereuse, avant l'accident

Mais la Présidente du tribunal insiste : "Vous êtes gendarme, vous connaissez le danger de l'alcool au volant, de par votre métier. Alors pourquoi avoir repris votre voiture, avec en plus à son bord, votre ami, son fils de 11 ans et votre propre fille de 8 ans ?" Le gendarme répond, maladroitement, qu'il se sentait en capacité de conduire, mais il avait 2,54 grammes d'alcool par litre de sang. 

"L'alcool vous a désinhibé" souligne la procureure de la République. Et d'ajouter : "Avant l'accident mortel, plusieurs automobilistes ont remarqué votre conduite dangereuse, vous leur faisiez des appels de phare pour les doubler. Ils vous ont pris pour fou", martèle la magistrate.

Une famille détruite

Le militaire tente de se justifier :  "Je n'avais pas l'impression d'aller vite. J'ai vu trop tard que les voitures devant moi étaient à l’arrêt. Je n'ai pas freiné assez fort..." La fille aînée du couple décédé prend la parole. "Je me demande si le gendarme est vraiment conscient de ce qu'il a fait" a-t-elle lancé. Elle poursuit : "Pour moi et mes deux frères, se retrouver ainsi dans un tribunal alors qu'on devrait veiller nos parents morts et préparer leurs obsèques, c'est une violence supplémentaire". 

Maitre Versini, l'avocat du gendarme. - Radio France
Maitre Versini, l'avocat du gendarme. © Radio France - Véronique Pueyo

Dans sa plaidoirie, l'avocat de la défense, Maître Versini, implore le tribunal : "Mon client a toujours été bien noté par sa hiérarchie. C'est un officier de police judiciaire qui a été salué pour son travail. Mais c'est aussi un homme, avec ses failles. Et il a failli, il le reconnait. Toute sa vie, il portera ce poids. Je supplie le tribunal de ne pas l'envoyer en prison.

Dans la salle d'audience, il y a des gendarmes en civil venus pour soutenir leur collègue, dont ceux qui étaient avec lui le fameux mardi. Son père et sa sœur sont là également. 

A l'annonce du jugement, le gendarme n'a pu retenir ses larmes

Finalement, le tribunal a suivi les réquisitions du parquet et a condamné le gendarme Loïc D. à trois ans de prison, dont dix-huit mois ferme. Son avocat espère dans quelques temps pouvoir demander un aménagement de la peine. De leur côté, les enfants du couple décédé estime que justice a été rendue, même s'ils n'étaient pas préparés à vivre tout de suite un procès éprouvant.

A l'annonce du jugement, le gendarme a vacillé. Il vient de passer sa première nuit à la prison de Lyon-Corbas.