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Faits divers – Justice
Dossier : Mouvement des gilets jaunes

Un gilet jaune biterrois condamné à deux ans de prison ferme

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Par , , France Bleu Hérault

Deux ans de prison ferme pour un gilet jaune biterrois. La peine a été prononcée ce vendredi par le tribunal correctionnel de Béziers. L'homme de 37 ans était poursuivi pour violences sur des gendarmes, entrave à la circulation et dégradation d'une voiture de gendarmerie.

Le gilet jaune biterrois comparaissait ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Béziers
Le gilet jaune biterrois comparaissait ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Béziers © Radio France - Stéfane Pocher

Béziers, France

La sanction est tombée ce vendredi soir pour un gilet jaune biterrois. Un homme de 37 ans condamné à deux ans de prison ferme, pour des violences sur des gendarmes, entrave à la circulation et la dégradation d'une voiture de gendarmerie. Les faits remontent au 24 novembre dernier.

Lors de l'acte II des gilets jaunes, cet homme sans emploi, connu de la justice, a jeté des pierres sur les militaires alors qu'ils intervenaient pour un incendie volontaire sur l'autoroute A9. C'était au niveau du péage ouest de Béziers. Un groupe d'une quinzaine de personnes (sur la centaine de manifestants présents) s'était caché dans un sous-bois à proximité. Pendant plusieurs heures, les gendarmes ont essuyé des jets de pierres, de canettes en verre.  

Une scène de guérilla urbaine d'une rare violence 

À l'audience, le substitut du procureur de la République a réclamé 18 mois de prison ferme et le maintien en détention. "La population ne comprendrait pas qu’on le relâche", dixit Mathieu Colomar. Ce père de famille de deux enfants de 12 et 16 ans a déjà été condamné notamment à 4 mois de prison avec sursis pour destruction de bien en réunion et à 150 euros d'amende pour détention de drogue. 

Lors de sa comparution immédiate le 26 novembre dernier, l'homme, qui vient d'achever une formation de cariste, avait demandé un délai pour préparer sa défense. Il avait également formulé une demande de remise en liberté, rejetée 15 jours avant Noël

Les parties civiles, notamment trois des huit gendarmes caillassés, présents à l'audience, évoquent "des jets de pierres intenses". Comme Marie, coincée dans la voiture caillassée, elle a pu ouvrir la fenêtre de la voiture et utilisé du gaz lacrymogène pour faire reculer les manifestants armés de batte de base-ball et de barres de fer.

Alors, la justice a-t-elle voulu faire un exemple ? L'avocat du prévenu, Josy-Jean Bousquet en est convaincu. "Mon client ne doit pas payer pour tous les autres. Ce dernier est le seul à avoir été interpellé ce soir-là parce qu'il courait moins vite que les autres." 

Les gendarmes sont tombés dans un véritable guet-apens

Une barricade en bois avait été installée sur la chaussée sur l'A9 pour bloquer la circulation. Des gilets jaunes s'étaient cachés dans les sous-bois à proximité "avec comme seule intention de blesser des militaires", dit Mathieu Colomar. Des extincteurs sont utilisés, projetant la fumée blanche vers les gendarmes afin de les aveugler. "Je manifestais comme tout le monde. Je n'ai pas insulté les militaires que je respecte, explique Cyril, le gilet jaune, à la barre, je n'ai pas jeté d'extincteurs ni la planche à repasser retrouvée sur place." 

J'étais énervé. J'ai passé mon samedi à regarder l'info en continu sur les chaînes nationales. Les Champs-Élysées étaient animés.  

Dans sa déposition il avait pourtant reconnu qu'en voyant les casseurs à Paris, il pensait pouvoir faire pareil. "J'ai suivi. J'aurai dû rester chez moi", regrette-t-il. 

"Les gendarmes ne sont pas payés pour recevoir des cailloux", rétorque le président du tribunal Luc Barbier. "Vous savez que les véhicules des gendarmes sont achetés avec les impôts des citoyens". "Aimeriez-vous que les gendarmes aient la même attitude ? Si c'était le cas ce serait inadmissible, rajoute président du tribunal. Ça l'est tout autant de votre part". 

Quatre heures d’affrontement

Marie, gendarme depuis 10 mois, raconte comment elle a réussi à esquiver cette pluie de cailloux. "J'ai de la chance de ne pas avoir été touchée. C'était spectaculaire". Même témoignage cette fois d’un officier : "On a été chargé à plusieurs reprises. _C’était d’une intensité exceptionnelle_.  Nous étions dans un nuage d’extincteurs". "À tout moment nous pouvions prendre une pierre sur la tête. Nous ne sommes pas équipés pour cela", raconte alors le patron de l’EDSR, l’escadron départemental de sécurité routière, présent ce soir-là. "Nous étions appelés pour un simple feu sur la chaussée. 

C’était une scène de guérilla urbaine - le patron de l'ESDR

"Ce samedi soir, vous n’étiez pas gilet jaune, mais tout simplement un casseur et vous vouliez taper sur des gendarmes", assène Mathieu Colomar, le substitut du procureur, au gilet jaune. "La colère n’explique pas tout."

Pour son avocat Josy-Jean Bousquet, son client s’est retrouvé au mauvais endroit et au mauvais moment. Il ne faut pas faire le procès d’une certaine partie des gilets jaunes mais le condamner pour ce qu’il a fait. Le prévenu, lui, reconnaît finalement avoir jeté quelques pierres, s’excuse à plusieurs reprises : "Je ne comprends pas ce que j’ai fait".

Une condamnation sévère

Finalement, le tribunal correctionnel de Béziers va au-delà des réquisitions du parquet, le reconnaît coupable et condamne ce dernier à 2 ans de prison ferme,  avec mandat de dépôt et une privation des droits civiques pendant 5 ans. À l’énoncé du jugement, le prévenu s’emporte contre le président.  "Très bien ce sera noté à votre dossier", conclut Luc Barbier. 

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