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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Un gilet jaune condamné suite aux affrontements devant le Palais de justice de Perpignan

lundi 7 janvier 2019 à 18:31 Par François David, France Bleu Roussillon

Les premières sanctions tombent à Perpignan, après les violences devant le Palais de Justice samedi, en marge de la manifestation des gilets jaunes. Un retraité de 60 ans est condamné à six mois de prison, dont trois mois fermes.

Des gilets jaunes devant le Palais de justice de Perpignan - Photo d'archives
Des gilets jaunes devant le Palais de justice de Perpignan - Photo d'archives © Radio France - Alexandre Berthaud

Perpignan, France

« Il voulait y entrer. Eh bien voilà, il y est ! », ironise un avocat lorsque le prévenu pénètre dans le box vitré du Palais de justice de Perpignan. L’homme de 60 ans est jugé ce lundi pour « appel à l’émeute », mais aussi « outrages » et « menaces de mort » sur des policiers en marge de la manifestation des gilets jaunes samedi.

Peu après 16 heures, une quarantaine d’individus ont gravi les marches du Palais de justice et pénétré dans la salle des pas perdus. Le bâtiment était ouvert au public en ce samedi après-midi, car des audiences étaient programmées, consacrées à des reconduites à la frontière. "Tout s'est passé dans le calme", assure l'un des participants. La police les a refoulés dans la rue en faisant usage de gaz lacrymogènes. Dans le mouvement de foule, une porte en verre du tribunal a volé en éclat. Les grilles du Palais de justice ont été verrouillées, et plusieurs gilets jaunes se sont retrouvés "piégés" à l'intérieur du bâtiment.

Quelques minutes plus tard, des manifestants sont revenus à la charge, tentant cette fois de forcer les grilles, pour demander la "libération" de leurs camarades. La police a de nouveau répliqué avec des grenades lacrymogènes, essuyant des insultes et des menaces. C’est à ce moment qu’un individu particulièrement véhément a été repéré, puis interpellé. 

« Un Palais de justice, c’est un sanctuaire »

« Je ne suis pas un casseur ni un brigand », explique d’emblée le prévenu, un retraité qui n’a jamais eu affaire à la justice. Du bout des lèvres, ce gilet jaune de la première heure reconnait avoir proféré des insultes et secoué les grilles. « Lorsque la police m’a visé avec des fumigènes, cela m’a énervé ». Mais il dément formellement toute violence ou appel à l’émeute. 

« Vous avez violé l’antre de la démocratie ! », lui répond le président. « Ce à quoi vous avez participé, ce n’est pas une manifestation, c’est une émeute ». « C’est honteux, scandaleux et minable », embraye l’avocat des parties civiles, « un Palais de justice, c’est un sanctuaire, que l’on doit respecter au-delà de tout ».

Maitre Castello, avocat des parties civiles

« Cela suffit, nous ne pouvons plus tolérer ceci », ajoute le procureur, qui décrit le prévenu comme « l’un des gilets jaunes les plus radicalisés » des Pyrénées-Orientales et l’un des plus assidus sur les ronds-points. L’homme est condamné à six mois de prison dont trois mois fermes.

Une enquête ouverte

Dans cette affaire, il s’agit pour l’heure de l’unique condamnation prononcée par le tribunal correctionnel de Perpignan. Aucune autre personne n’a été interpellée samedi lors des violences. « Il a payé pour tous les autres », regrette la famille du prévenu, présente à l’audience. "Et pourtant, c'est un vrai pacifiste". 

Le procureur de Perpignan annonce ce lundi l’ouverture d’une enquête en flagrance, pour tenter de retrouver les autres participants et faire toute la lumière sur les faits. C’est la première fois que le Palais de justice de Perpignan est la cible de tels agissements.