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Faits divers – Justice

Un gilet jaune de Flixecourt condamné pour injures racistes envers des migrants

Un gilet jaune de Flixecourt comparaissait devant le tribunal correctionnel d'Amiens ce mardi. Il était jugé pour injures publiques à caractère raciste envers des migrants. Le 20 novembre 2018, cet homme avait filmé l'arrestation de migrants cachés dans un camion citerne.

Le palais de justice d'Amiens
Le palais de justice d'Amiens © Radio France - Noémie Philippot

Amiens, France

La scène, filmée au tout début du mouvement des gilets jaunes, avait été largement diffusée. Au mois de novembre, cet habitant de Flixecourt, dans la Somme, avait filmé des migrants dissimulés dans un camion citerne arrêté au niveau d'un barrage installé par les Gilets jaunes à un rond-point. Les manifestants avaient appelé les gendarmes et filmé, en la commentant, leur arrestation. Une vidéo diffusée en direct sur les réseaux sociaux, où l'on entend Youri, 23 ans, insulter ces migrants.  

Il a été condamné à un mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel d'Amiens, et devra aussi verser 500 euros au mouvement contre le racisme, et un euro symbolique à la Licra

Une volonté de pédagogie

Plus que la condamnation, c'est la volonté de pédagogie qui a marqué ce procès. Les insultes très violentes, la vidéo postée sur un groupe Facebook : Youri reconnaît les faits. "J'ai eu une mauvaise parole sur une vidéo, c'est tout." dit-il. Pour lui, seuls les gilets jaunes pouvaient voir ces images.  La présidente interroge "Vous comprenez pourquoi cela a choqué ?" ... "ça ne se dit pas" marmonne ce futur père de famille.    L'avocate de la Licra demande un euro symbolique et dénonce des propos haineux d'autant plus tristes que le samarien ne connaît pas ces migrants, peut être "des gilets jaunes dans leur pays" assène l'avocate. Et le procureur d'ajouter son chapitre à la leçon : "ce qui choque, dit-il, c'est le manque de compassion de quelqu'un qui a peu et s'en plaint, face à quelqu'un qui n'a rien".  Pendant que le procureur raconte le parcours de ces quatre migrants, le prévenu garde la tête baissée, le regard dans le vide. En plus de la peine d'un mois de prison avec sursis, le tribunal lui impose un stage de citoyenneté de deux jours, en partie consacré aux actes racistes.

On est surtout là pour lui faire comprendre, plutôt que pour le punir." - Maître Céline Bekerman, avocate de la Licra

L'avocate de la Licra, Maître Céline Bekerman, salue le réquisitoire "exemplaire" du procureur car pour elle, Youri doit apprendre de cette audience : "L'idée, plus qu’accabler, est vraiment de faire cesser ce type de comportements et de messages haineux qui sont très dangereux pour notre société. On est surtout là pour lui faire comprendre, plutôt que pour le punir."

"C'était dans l'euphorie d'un mouvement social particulier et il ne pensait absolument pas que cela allait prendre cette ampleur médiatique, souligne l'avocat du prévenu, Maître Ghislain Fay. Tout le monde a pu s'exprimer et rappeler les valeurs de notre République, et ce que représente le racisme. Je pense que mon client a parfaitement compris le message qui lui a été transmis et regrette profondément les propos qu'il a pu tenir et qui ont pu choquer."