Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Un gilet jaune devant le tribunal de Bordeaux pour avoir voulu lancer des boules de Noël de peinture sur les gendarmes

lundi 3 décembre 2018 à 23:01 Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde et France Bleu

Il est le seul du mouvement des gilets jaunes de Gironde à avoir été jugé ce lundi par le tribunal correctionnel de Bordeaux après un troisième weekend de manifestation et parfois de violences. Cet habitant de Génissac de 37 ans évoque un acte stupide.

Une peine d'amende pour ce gilet jaune arrêté à St André de Cubzac
Une peine d'amende pour ce gilet jaune arrêté à St André de Cubzac © Radio France - Stéphanie Brossard

Bordeaux, France

Après l'acte 3 du mouvement en Gironde, un gilet jaune s'est retrouvé à s'expliquer, lundi, selon la procédure de la comparution immédiate, devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Il n'était pas, au milieu des échauffourées et du rassemblement de samedi qui a dégénéré, place Pey-Berland, à Bordeaux. Cet habitant de Génissac âgé de 37 ans, a été arrêté, à un rond-point à St André-de-Cubzac (alors qu'il envisageait avec d'autres gilets jaunes, d'aller "reprendre le péage de Virsac"). Il était en train de remplir des boules de Noël avec de la peinture noire, "pour se défendre en cas d'attaque des forces de l'ordre". Geste stupide. Il l'a reconnu devant le tribunal. Il a été condamné à une amende de 500 euros (avec également l'interdiction de détenir et de transporter une arme durant six mois). 

L'idée lui est venue en regardant Facebook

"Mais quelle idée, vous est passée par la tête ?" lui lance la présidente du tribunal, à peine le rappel des faits résumé. Mal à l'aise, il assure qu'il est "non violent à la base". Il avait simplement lu sur Facebook, cet appel d'un autre gilet jaune, à confectionner des bombes à eau pour envoyer sur la tête des forces de l'ordre et que lui a pensé aux boules de Noël et à la peinture. "Mais ce n'était méchant", qu'il n'a eu que "l'intention", qu'il ne serait pas forcément passé à l'acte, qu'il les aurait peut-être laissé dans le coffre. 

"Des munitions comme pour aller à la guerre ?"

"Il y avait aussi une matraque et une fronde dans votre coffre" lui fait remarquer le tribunal. "Ce sont des armes. C'est interdit". Il tente de se justifier. "J'étais le 17 et le 18 aussi au péage de Virsac et on s'est pris des gaz lacrymogènes; et le 19 sur la RN10, j'ai échangé avec des gendarmes mobiles sur leurs conditions de travail". La présidente le coupe. "C'est pour ça ensuite que vous préparez des munitions, comme si vous alliez à la guerre ?". 

"Désolant de bêtise"

Soupirs du procureur, qui dans ses réquisitions, évoque "une stupidité sans borne, un geste pathétique, désolant de bêtise pour cet homme bien inséré, visiblement équilibré, qui gagne bien sa vie et qui va s'en prendre aux gendarmes". Une peine de prison avec sursis est réclamée.

"Pourquoi est-il le seul à comparaître ?"

"Oui il a commis une infraction", plaidera son avocate, mais il est le seul à la barre des gilets jaunes girondins, "surprise" ajoute maître Pauline Tellechea, "alors qu'il y a eu de véritable scène de guérilla urbaine dans Bordeaux samedi. Pourquoi son cousin qui était avec lui au moment de l'arrestation, n'est pas là? Et pourquoi celui qui a lancé l'appel sur Facebook, à faire des bombes à eau, n'est pas là?" A l'énoncé du jugement, son client assure qu'on n'y le reprendra pas. "Je soutiens le mouvement à 200% mais je n'irai plus manifester".