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Faits divers – Justice DOSSIER : France Bleu Montagne

43 ans après, il pense avoir retrouvé la dépouille de son ami disparu en montagne

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie, France Bleu, France Bleu Gard Lozère

Jean-François Benedetti a disparu en juillet 1976 lors de l'ascension de l'Ailefroide, dans les Écrins. Ce lundi, les sauveteurs en montagne de la CRS-Alpes de l'Isère ont retrouvé les restes d'un corps humain qui pourrait être le sien. C'est l'un de ses amis qui les a orientés.

L'Ailefroide Occidentale en 2012 - photo Nick l'Ermite
L'Ailefroide Occidentale en 2012 - photo Nick l'Ermite - Nick l'Ermite

Saint-Christophe-en-Oisans, France

"J'étais persuadé que j'allais le retrouver !"  lâche Michel Baud, un ancien compagnon de cordée de Jean-François Benedetti. Ce lundi après-midi, il a reçu un coup de fil de Laurent Soulier, le patron de la CRS-Alpes de l'Isère, lui annonçant que ses hommes venaient de retrouver des restes humains dans le secteur où Benedetti avait disparu il y a 43 ans. C'est d'ailleurs lui, Michel Baud, qui leur avait indiqué l'endroit où une semaine plus tôt il avait vu une trace orange en bas du Glacier Long, au pied de l'Ailefroide Occidentale (3.954 mètres). 

L'endroit où les restes ont été retrouvés - crédit photo CRS-Alpes - Aucun(e)
L'endroit où les restes ont été retrouvés - crédit photo CRS-Alpes - CRS-Alpes

Un morceau du sac à dos retrouvé en 2014

Cette trace, repérée le 1er septembre grâce au zoom d'un appareil photo, Michel Baud en était certain : c'était bien le sac de son ami, "un sac à dos Karrimor orange avec l'intérieur vert". Il faut dire que Michel Baud, le copain de lycée de Jean-François Benedetti, avait déjà retrouvé en 2014 un bout de sac à dos ainsi que divers effets personnels à une centaine de mètres en contrebas. Car depuis 1976, Michel Baud n'a jamais cessé de croire qu'un jour le glacier finirait par rendre la dépouille de son ami.

Jean-François Benedetti ( au premier plan ) et Michel Baud dans les années 1970 - crédit photo Michel Baud - Aucun(e)
Jean-François Benedetti ( au premier plan ) et Michel Baud dans les années 1970 - crédit photo Michel Baud - Michel Baud

Le témoignage de Michel Baud, l'ami de Jean-François Benedetti

Alors il se rend à la Bérarde, sur la commune de Saint-Christophe-en-Oisans, une première fois en 2004, puis en 2014, 2015, 2016... et en 2019 où ses recherches finissent par aboutir. 

"C'était pour moi quelque chose d'obligatoire, comme si c'était un appel de sa part" - Michel Baud

Durant toutes ces années, il mène aussi ce combat pour sa petite sœur, la fiancée de Jean-François Benedetti. Tous sont originaires de Bagnols-sur-Cèze dans le Gard où Georges Benedetti, le père de Jean-François, deviendra maire puis sénateur. 

À l'été 1976, Jean-François Benedetti s'apprête à rentrer en quatrième année d'études dentaires, tout en caressant l'espoir de devenir guide de haute-montagne. Deux semaines avant sa disparition, comme le raconte Michel Baud, il réalise avec un compagnon l'ascension de la face Nord des Drus, dans le massif du Mont-Blanc, un itinéraire encore aujourd'hui coté TD+ (très difficile). 

Une disparition évoquée dans une BD de Jean-Marc Rochette

En cette fin juillet 1976, sans nouvelle de son fils, la mère de l'alpiniste prévient les secouristes de la CRS-Alpes. Ceux-ci entament des recherches et la mettent en contact avec un jeune alpiniste qui vient justement de se blesser dans l'ascension de l'Ailefroide Occidentale par le Glacier Long puis l'arête Nord-Ouest - l'itinéraire que convoitait sans doute le Gardois. 

Ce grimpeur, c'est le peintre et auteur de bande-dessinée Jean-Marc Rochette. Il se souvient d'une dame "très élégante" qu'il a tenté de rassurer contre toutes les évidences. Car lui savait que la rimaye (la grande crevasse qui marque le début de la pente) était très ouverte et constituait un piège redoutable... Cette rencontre, bien que brève, l'a profondément marqué et lui a inspiré un passage de son album autobiographique intitulé Ailefroide - Altitude 3 953 et paru en 2018 chez Casterman. 

Jean-Marc Rochette dans le studio de France Bleu Isère - Radio France
Jean-Marc Rochette dans le studio de France Bleu Isère © Radio France - Manuel Houssais

Vers la résolution d'un dossier ouvert en 1976

Jean-Marc Rochette, tout comme Michel Baud, est persuadé que les restes retrouvés ce lundi sont ceux du corps de Jean-François Benedetti, aucune autre disparition n'ayant été signalée dans ce secteur. 

Un secouriste de la police pendant un exercice - Radio France
Un secouriste de la police pendant un exercice © Radio France - Lionel Cariou

Pour en avoir la certitude, il faudra attendre les résultats des tests ADN précise Laurent Soulier, le commandant de la CRS-Alpes de l'Isère. Mais "la boucle est bouclée" conclut le secouriste, lui qui est en passe de classer un dossier ouvert il y a 43 ans par ses collègues de l'époque. Un dossier qui trouve aujourd'hui sa conclusion grâce à la persévérance d'un homme déterminé à offrir une sépulture à son ami disparu. 

Dans "Ailefroide altitude 3 954", Jean-Marc Rochette raconte sa rencontre - brève mais marquante - avec la mère de Jean-François Benedetti  - Aucun(e)
Dans "Ailefroide altitude 3 954", Jean-Marc Rochette raconte sa rencontre - brève mais marquante - avec la mère de Jean-François Benedetti - Casterman
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