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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Première condamnation à Caen pour un "gilet jaune"

jeudi 6 décembre 2018 à 21:46 Par Nolwenn Le Jeune, France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Un homme de 26 ans a été condamné à deux mois de prison pour refus d'obtempérer par le tribunal correctionnel de Caen. Lundi dernier, il a été interpellé après avoir accéléré vers des policiers sur un barrage sur la presqu'ile de Caen. C'est la première condamnation d'un gilet jaune à Caen.

Une quarantaine de gilets jaunes présents dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Caen pour soutenir le prévenu.
Une quarantaine de gilets jaunes présents dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Caen pour soutenir le prévenu. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Caen, France

"Le droit de manifester est un droit constitutionnellement reconnu mais qui ne justifie pas la commission d'infraction". Le procureur de la république de Caen Carole Etienne a été très claire à cette audience qui est une première à Caen depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Avouant une certaine tolérance jusqu'à présent, elle indique qu'il y a des limites. En l’occurrence , le 4 décembre 2018, le prévenu a refusé de s'arrêter et a accéléré alors qu'il avait face à lui une colonne de policiers en unité constitué. Interpellé au départ pour violence volontaire, l'enquête a établi qu'il avait paniqué, et les faits ont été requalifiés en refus d'obtempérer. "Un comportement inadapté, des faits graves pour lesquels il convient aujourd'hui d'entrer en voie de condamnation". Avec rappelle-t-elle un passé judiciaire qui ne plaide pas en sa faveur  : neuf mentions au casier judiciaire. Dont deux peines pour lesquelles il est recherché depuis le 14 août 2018 par les autorités. 

"Le mouvement des gilets jaunes a redonné un sens à ma vie"

Le prévenu concède des erreurs commises par le passé. Mais il explique que le mouvement des gilets jaunes lui a redonné goût à la vie. "J'ai rencontré plein de gens d'horizons très différents, et c'est un bon départ pour redémarrer une vie saine". La porte parole des gilets jaunes à Caen, Chloé Tessier, vient à la barre raconter comment il l'a protégée durant la manifestation très tendue samedi dernier à Caen. "Les renseignements territoriaux m'ont appelé pour le féliciter de son comportement" explique-t-elle les larmes aux yeux. Lui insiste "je ne suis pas anti police ni anti uniforme". Son avocat a plaidé la relaxe. 

Le procureur va faire appel de la condamnation

Plaidoirie entendu par le tribunal sur le délit d'entrave. Mais pas sur le refus d'obtempérer. Si la justice écarte la circonstance aggravante de risque de mort ou d'infirmité, elle le condamne à deux mois de prison ferme. Elle ne prononce pas de mandat de dépôt pour que la peine soit aménageable, mais sous le coup de deux condamnations non exécutées, il repart en prison. Environ 40 gilets jaunes sont restés tard hier soir dans la salle d'audience pour le soutenir. Le procureur annonce qu'elle va faire appel de cette condamnation. Par ailleurs, un autre gilet jaune interpellé le même jour devrait lui aussi être présenté à la justice prochainement, dès que son état de santé le permettra.