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Dossier : Coronavirus Covid-19

Un habitant du Loir-et-Cher bloqué par les gendarmes alors qu'il voulait dire adieu à son père mourant

Le zèle de certains gendarmes peut avoir des conséquences dramatiques. Début avril, un Loir-et-Chérien veut se rendre au chevet de son père, mourant chez lui sur l’île de Ré. Mais il se fait verbaliser juste après le pont et doit faire demi-tour, son motif de déplacement jugé non valable.

La gendarmerie reconnait une erreur d'appréciation. Une erreur qui empêchera Patrice Dupas d'aller voir une dernière fois son père mourant ( photo d'illustration )
La gendarmerie reconnait une erreur d'appréciation. Une erreur qui empêchera Patrice Dupas d'aller voir une dernière fois son père mourant ( photo d'illustration ) © Radio France - Jean-François Fernandez

C'est l'une des dérogations possible au confinement. Rendre visite à un proche pour un motif familial impérieux. Patrice Dupas, cet habitant du Loir-et-Cher est certain de cocher cette case. Son père de 82 ans, qui réside sur l’Île de Ré, lutte contre un cancer généralisé. Il n'aurait plus que quelques jours à vivre. Confinement ou pas confinement, il veut donc dire un dernier adieu à son papa

Pour être certain de passer les contrôles sans encombre, Patrice Dupas se renseigne avant de prendre la route. Il appelle la gendarmerie du Loir-et-Cher. "Ils m'ont dit 'oui, oui, c'est un motif familial impérieux, il n'y a aucun problème'. "

Obligé de faire demi-tour en arrivant sur l'île, à quelques km seulement du domicile de son père

En effet, lors d'un premier contrôle, à la sortie de l'autoroute en Charente-Maritime, les gendarmes le laissent passer sans aucun soucis. Mais une fois passé le pont de l’Île de Ré, tout s'écroule lors d'un deuxième contrôle. Il fait face à un maréchal des logis tout à fait polis, mais inflexible. Il ne veut rien savoir. 

"En regardant mon attestation, il me dit 'vous ne passez pas, ce n'est pas impérieux, on n'a pas le droit d'aller visiter les anciens dans les EHPAD. Je réponds que mon père n'est pas dans un EHPAD, il est en hospitalisation à domicile et il est en phase terminale d'un cancer. Sa réponse : 'Non, non, vous ne passez pas, je vous mets une amende."

Après des heures de négociation, et malgré l'appel du médecin de famille qui explique la situation dramatique à ce gendarme, rien n'y fait. Patrice Dupas est obligé de faire demi-tour et de rentrer chez lui. Son père décède trois jours plus tard. Sans avoir vu son fils une dernière fois.

On a plein de choses à dire à son père. C'était le dernier jour où je pouvais le voir vivant. La dernière fois que je pouvais lui parler.

Contactée par nos confrères de France Inter, la gendarmerie reconnaît une erreur d'appréciation mais rappelle la situation particulière de l’Île de Ré, objet d'une surveillance toute particulière pour éviter touristes et résidents secondaires. 

Patrice Dupas a déposé un signalement auprès de l'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et saisi le procureur de la République de La Rochelle, sans retour pour le moment. Il va bien évidemment contester son amende. 

C'est avec son attestation de décès en main qu'il a pu revenir, cette fois sans problème, sur l’Île de Ré pour assister aux obsèques de son père

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