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Faits divers – Justice

Le Mans : un homme de 90 ans relaxé pour des faits d'attouchements sur sa petite-fille

lundi 11 février 2019 à 20:12 Par Pauline Pennanec'h, France Bleu Maine

Un homme de 90 ans a été relaxé par le tribunal correctionnel du Mans ce lundi pour des faits d'agression sexuelle sur sa petite-fille, en 2003. La victime présumée avait porté plainte 12 ans plus tard contre son grand-père.

Le tribunal de grande instance du Mans
Le tribunal de grande instance du Mans © Radio France - Christelle Caillot

Le Mans, France

Un homme de 90 ans a été relaxé ce lundi par le tribunal correctionnel du Mans. Il était accusé d'attouchements sexuels envers sa petite-fille, sur la commune de La Flèche. 

Les faits remontaient au mois d'août 2003. A l'époque, la victime présumée avait 4 ans. Dans sa plainte, qu'elle n'aura déposé qu'à ses 16 ans, soit 12 ans après les faits pour lesquels elle décidait d'une action en justice, elle racontait les faits : "Vous étiez dans le salon, à regarder la télévision, elle est assise sur vos genoux, vous lui auriez mis la main dans la culotte et vous lui auriez "en quelque sorte chatouillé le sexe", c'est comme cela qu'elle en parle", explique le président du tribunal au prévenu. Puis, elle aurait continué, dans sa lettre : "Il n’a rien dit, mais il respirait très fort. Ça a duré entre 15 et 20 minutes, c’était une seule fois." Le président indique qu'elle n'a parlé des faits pour la première fois à sa mère que lorsqu'elle avait 12 ans

La prévenue fustigeait la lenteur de la justice. Dans plusieurs courriers, elle disait espérer que son grand-père soit jugé avant qu'il ne meure.

"C'est un tissu de mensonges"

A la barre, le monsieur entend mal, son appareil auditif lui fait défaut. A 90 ans, agriculteur à la retraite, on l'installe sur une chaise, tout près des micros. Le président parle fort, et a du mal à comprendre ses réponses : "Je ne comprends pas. C'est un tissu de mensonges." Au moment des faits, pas de témoins, mis à part la sœur de la petite fille, qui dit avoir vu des choses, mais pas de preuves plus tangibles. Lors des auditions, la mère de l'enfant aurait assuré : "Oui effectivement, je l’avais ressenti, je l’avais même compris [ce qu'il avait fait], car il m’a dit peu de temps après ‘elle est chaude comme une caille'".

Le prévenu rit : "Si je l’ai fait, je ne l’ai pas fait volontairement. Je l'ai peut-être fait, peut-être que non, je ne sais pas", ajoutant que ces enfants gigotaient, des "petits diables". Selon l'expertise psychiatrique, l'homme a une "libido fluctuante mais n'a pas le profil d'un pédophile"

"Il y a un doute"

Pour la procureur de la République, "est-ce que les faits sont caractérisés ?" D'après elle, l'enfant lui reproche d'avoir touché son sexe, sa sœur dit qu'elle aurait pu voir un geste, mais dans l'environnement, aucun autre enfant n'a indiqué avoir subi des attouchements. "En plus, le contexte familial est très compliqué entre ce monsieur et la mère de l'enfant. Alors, dire qu'il y a pu y avoir quelque chose qui l'a choquée à cet âge-là, certainement, mais y'a-t-il eu un geste avec une intention sexuelle ? Le Parquet n'a pas assez d'éléments pour se prononcer."

"Il y a un doute, et quoi qu'il en soit, il doit bénéficier à ce monsieur", assure l'avocat de la défense Me Soret, qui dit qu'aucun élément objectif ne figure dans la procédure, et qui assure que son client n'a pas d'attirance pédophile. L'homme a donc été relaxé, et est reparti libre.