Faits divers – Justice

Plus de 1 100 hectares détruits par l'incendie de Montalba-le-Château

Par Isabelle Lassalle, Cyrille Manière et Romain Asselin, France Bleu Roussillon et France Bleu jeudi 11 août 2016 à 11:01 Mis à jour le jeudi 11 août 2016 à 16:36

Incendie à Montalba-le-Château
Incendie à Montalba-le-Château © Radio France - Anne-Natacha Bouillon

Un peu avant 8h ce jeudi matin, un feu s'est déclaré du côté de Montalba-le-Château (Pyrénées-Orientales) et ne cesse de gagner du terrain. 500 Pompiers sont attendus sur place dans la soirée. Les conditions de circulation sont rendues très difficiles dans le secteur.

L'incendie s'est déclaré ce jeudi matin, un peu avant 8 heures sur la commune de Montalba-le-Château, dans les Pyrénées-Orientales. À 22 heures, 1100  hectares de forêt et de garrigues avaient été détruits par le feu (90 hectares à midi). Les flammes sont attisées par la tramontane qui souffle fort, autour de 70 km/h.

Vers midi, le feu progressait à moindre vitesse mais d'autres départs d'incendie dans le département, près d'une trentaine tout au long de la journée, ont nécessité l'intervention des avions bombardiers d'eau. Du coup, la propagation du feu a de nouveau accéléré pendant cette période.

450 pompiers sont sur place et espèrent du renfort

Le nombre de pompiers mobilisés sur les lieux du sinistre enfle au fil de la journée et de la propagation des flammes. Les SDIS, services départementaux d'incendie et de secours, de plusieurs départements voisins viennent prêter main forte depuis la fin de la matinée. 65 pompiers de Haute-Garonne, du Tarn-et-Garonne et du Gers, présents mercredi sur l'incendie de Pézenas, sont notamment arrivés en renfort. Ils sont secondés par huit avions bombardiers d'eau (un hélicoptère, cinq Canadair, deux Track airs) qui font des boucles incessantes pour larguer de l'eau ou du retardant.

Les pompiers espèrent obtenir au plus vite le soutien d'une trentaine d'hommes supplémentaires venus'd'Espagne, et d'autres installés dans le sud-est de la France. Etant donné l'ampleur du sinistre, le Préfet des Pyrénées Orientales Philippe Vignes a activé à 16h son Centre Opérationnel Départemental. Sapeurs-Pompiers, gendarmes et services de l'état disposent d'une "cellule de crise" dans les locaux de la Préfecture, à Perpignan, pour suivre la situation en temps réel.

Ce nouvel incendie intervient juste après les interventions soutenues des pompiers dans trois départements du sud : l'Hérault, où les pompiers blessés dans l'incendie de Gabian sont toujours en "urgence absolue", le Gard et les Bouches-du-Rhône, en particulier pour lutter contre l'important incendie près de Marseille.

Plusieurs sites et axes routiers fermés

Plusieurs mas ont été évacués ainsi qu'un élevage de lamas, à Ille-sur-têt, commune où environ 100 hectares de surface sont partis en fumée. Les orgues, d'ailleurs, sont fermées au public jusqu'à nouvel ordre, ainsi que les jardins familiaux.

La route nationale 116 est fermée sur 14 km, entre Perpignan et Prades, dans les deux sens de circulation depuis 15h45. Le trafic est également interrompu sur les départementales 35, 17, 21 et 618. Aucune réouverture n'est prévue tant "qu'il n'y aura aucun risque pour les automobilistes. L'opacité des fumées rend la conduite dangereuse", précise le Préfet des Pyrénées Orientales Philippe Vignes.

Des mesures de confinement 

Certains habitants de Rodes sont invités par les autorités, depuis 16h30, à rester chez eux, par mesure de sécurité. A 18h, 100 personnes étaient confinés à domicile. 60 autres étaient accueillies dans la salle des fêtes. Christine, une habitante de la commune, évoque des colonnes de feu de 20 mètres de haut. Elle va "faire sa valise pour être prête à partir en cas d'évacuation."

La commune de Vinça met également sa salle polvyalente à disposition des habitants du secteur qui le souhaitent. Le Maire d'Ille-sur-Tête est prêt à faire de même pour accueillir d'éventuels automobilistes. "Comme en 2005 lorsqu'un violent incendie avait touché le secteur", se souvient William Burghoffer.

Au moins un départ de feu serait d'origine criminelle

Si les circonstances précises de l'incendie de Montalba restent encore indéterminées, l'imprudence humaine serait à l'origine de "presque 100% des départs de feu aujourd'hui, explique le Président du SDIS 66 Jean-Pierre Salles Mazou. Des mégots jetés par la vitre d'une voiture par exemple ou des barbecues mal éteints."

Mais selon les premières constatations sur place, de fortes présomptions de malveillances entourent un départ de feu sur la commune de Boule d'Amont, vers 17h. A leur arrivée, des pompiers ont aperçu une camionnette blanche au comportement suspect quitter les lieux. Une enquête est ouverte par la gendarmerie.

"Ça fout la chair de poule".

Anne-Marie est passée dans le secteur, à proximité de l'incendie et a témoigné sur France Bleu Roussillon pour pousser un coup de gueule : "Je sors de Vinça et le spectacle auquel on a droit est terrifiant. Les gens se garent n'importe où sur la 116, ils regardent et ils traversent pour prendre des photos. Ils ont trois voies de circulation à traverser, c'est de l'inconscience ! Ça fout la chair de poule, c'est hallucinant de voir ça".

Témoignage d'Anne-Marie sur France Bleu Roussillon

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- Capture d'écran Google Maps

Le vent fort maintient un risque élevé d'incendie sur une bonne partie du département : le Roussillon, les Aspres, les Albères et les Fenouillèdes.

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