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Faits divers – Justice

Un juge d’instruction trouvé de toute urgence au tribunal de Béziers

jeudi 1 novembre 2018 à 11:02 Par Stefane Pocher, France Bleu Hérault

Le tribunal correctionnel de Béziers a dû faire revenir ce mercredi à 22h, veille de jour férié, un juge d’instruction pour entendre un détenu avant minuit. Sans quoi, cet homme, poursuivi pour séquestration et enlèvement, était remis en liberté.

Salle des pas perdus du tribunal de Béziers
Salle des pas perdus du tribunal de Béziers © Radio France - Stéfane Poche

Le tribunal correctionnel de Béziers devait juger ce mercredi, un homme de 36 ans, poursuivi pour séquestration et enlèvement le 7 septembre dernier à Castelnau-de-Guers. Le prévenu, qui a déjà un casier judiciaire bien chargé, ivre et drogué, était armé d’un pistolet quand il s’est présenté au domicile des victimes, un couple de connaissance et une amie rencontrée après l'achat d'un lit sur le site Le Bon Coin. Le jour des faits, l'agresseur présumé, était accompagné de son épouse.

Le détenu, qui habite Boujan-sur-Libron, a déjà été condamné à vingt reprises pour vols en réunion, abus de confiance, évasion, détention et transport de drogue.

Le TGI à la fois juge et victime

Cette affaire a déjà été reportée à deux reprises. La défense a réclamé lors de l’audience, la délocalisation de l’affaire, mettant en avant un problème d’impartialité. Le tribunal de grande instance de Béziers, a porté plainte le mois dernier contre le prévenu qui a fortement endommagé une geôle au sous-sol du tribunal alors qu’il devait comparaître. 

Les deux affaires auraient dû être dissociées, voire délocalisées 

La défense dépose des conclusions de renvois, de nullité et d’incompétence du tribunal de Béziers. Maître Florian Médico parle d'un dysfonctionnement judiciaire. "Le tribunal ne peut pas être juge et partie. Je n’ai pas à plaider face aux plaignants. Il y a un problème d’impartialité". Il pointe du doigt par ailleurs des vices de procédure dans l’enquête et réclame le renvoi de l'affaire devant une autre juridiction. 

Florian Médico, l'avocat de la défense

Le procureur de la république, Yvon Calvet avait bien du mal à retenir sa colère mercredi soir. "Soyons sérieux je ne saisirai jamais la Cour de cassation pour délocaliser l’affaire. Je serais d’un ridicule. Le tribunal de Béziers est compétent. Je vous demande Madame la Présidente, de juger cette affaire."

Pour les parties civiles, cette situation est rocambolesque

L’avocat des victimes Paul Gallix, demande au tribunal de penser au calvaire des victimes et réclame le jugement de l’affaire. Le renvoi devant un juge va rallonger le délai de jugement. "Ce n'est pas pensable".

Paul Gallix l’avocat des trois victimes

Après deux heures de débat, la présidente du tribunal, Emmanuelle Seban, demande à 19h30,  au procureur de la république, l’ouverture d’une information judiciaire afin d’apporter des investigations approfondies. Il fallait faire vite. Car le délai légal de détention prenait fin à minuit mercredi soir. L’agresseur présumé, risquait d’être remis en liberté

À  22 heures, le juge d’instruction était trouvé

Forcément, à la veille d’un jour férié, il y avait beaucoup d’agitation mercredi soir au palais de justice pour trouver si tardivement un juge d’instruction. À 22 heures, le prévenu était présenté au magistrat du siège. Dans la foulée, le juge des libertés et de la détention, notifie au prévenu son maintien en détention, le temps des investigations supplémentaires.

Les victimes rassurées

Sur le fond, l’affaire ne sera pas jugée avant plusieurs mois. Voilà qui ne réjouit pas les victimes, déjà bien éprouvées par leur vécu, et les multiples reports. Amandine, une des trois victimes, vit dans la terreur depuis son enlèvement. "Nous avions très peur qu’il soit remis en liberté. Vous savez, il nous a menacés de mort, mon mari et nos quatre enfants. C’était impensable qu’il se retrouve en liberté avant d’être jugé. Nous allons avoir du temps maintenant pour déménager et nous reconstruire. Nous ne voulons plus rester ici. Il connaît notre adresse".

Amandine, une des trois victimes