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Procès du luthier accusé de viols à Belfort : des témoins parlent d'une ambiance malsaine au sein de l'atelier

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu

Au premier jour du procès d'un luthier de Belfort, accusé de viols et d'agressions sexuelles, plusieurs témoins et victimes se sont succédés ce mardi devant les assises du Territoire de Belfort pour décrire un homme au comportement malsain et déplacé.

Le procès se tient au palais de Justice de Vesoul, à la cour d'Assises du Territoire de Belfort et de Haute-Saône
Le procès se tient au palais de Justice de Vesoul, à la cour d'Assises du Territoire de Belfort et de Haute-Saône © Maxppp - Bruno GRANDJEAN

La cour d'assises de Haute-Saône et du Territoire de Belfort juge depuis ce mardi un Belfortain pour viols, agressions sexuelles sur mineurs et consultations d'images pédopornographiques. Ce luthier de profession est accusé d'avoir violé une fillette de 10 ans entre 2007 et 2009. Il est également poursuivi pour avoir agressé sexuellement deux adolescentes entre 2009 et 2015. C'est dans son atelier que les agressions se seraient déroulées.

Un appel à témoins avait été lancé à l'époque de la révélation des faits. Il a permis d'identifier des victimes et des témoins venus décrire l'accusé pour la première journée de procès.

Des comportements déplacés pour les femmes, une attitude de lourdaud se défend l'accusé 

Une enseignante décrit un sentiment de malaise à chaque fois qu'elle entre dans sa boutique : "C'était de la drague lourde, ce n'est pas la première fois que je me retrouve dans ce genre de situation, mais là c’est dans le cadre professionnel, on vient voir un professionnel et on demande l’avis d’un professionnel, on ne vient pas se faire draguer".

Une toute jeune adulte lui succède à la barre et raconte ce sentiment "très désagréable, gênant" quand elle vient changer la corde de son violon et qu'elle se voit demander un baiser. Le luthier, à la calvitie naissante, gilet aux motifs jacquard, chemise bleue, se défend en reconnaissant qu'il a été "lourdaud" mais rien de plus.

Des SMS inappropriés envoyés à une enfant de 12 ans 

Puis, il y a le témoignage d'une toute jeune adolescente. Avec ses mots, elle raconte comment; à 12 ans, le luthier chez qui elle va faire louer un alto lui envoie des textos "pas très normaux". Le président de la cour d'assises en projette un sur les écrans : "Si tu voulais un amoureux, tu crois que j'aurais une chance avec toi ?". La lycéenne explique fondre en larmes à ce moment-là: "J'ai tout de suite prévenu ma maman, un adulte, ça peut pas demander ça à un enfant". L'accusé dit alors regretter "amèrement", mais parle d'une relation totalement "platonique et amicale".

L'avocate d'une des victimes rappelle qu'au moment de l'envoi de ces textos déplacés, l'accusé consultait des images pédopornographiques : 438 photos en tout ont été retrouvées sur son ordinateur et son téléphone, des photos supprimées, que les enquêteurs ont toutefois pu retracer.

Les deux victimes d'agression sexuelle décrivent un même scénario

Grâce à l'appel à témoins lancé par les enquêteurs dans les médias, deux victimes présumées d'agressions sexuelles se sont manifestées. A chaque fois, elles décrivent plus ou moins le même scénario. La première s'avance à la barre, silhouette athlétique, une longue tresse au milieu de dos. La jeune femme, aujourd'hui âgée de 26 ans, raconte le début de son stage avec l'accusé pour deux semaines.

Au début, elle le trouve un peu "lourdingue", il fait des "blagues bizarres". Puis un jour, alors qu'elle est occupée dans l'atelier, baissée, elle reçoit un baiser dans le cou. Elle est "sidérée, tétanisée". Quelques jours plus tard, elle explique recevoir une main aux fesses : "Je ne suis plus jamais revenue et je n'ai plus jamais touché à un violon".

J'ai eu peur d'être violée

Une heure plus tard, c'est quasiment le même témoignage qui est livré à l'audience : celui d'une jeune femme aujourd'hui enseignante, victime à 17 ans, à l'âge du baccalauréat, de baisers dans le cou de la part du trentenaire. Elle explique que le luthier l'enlace, elle est tétanisée : "J'ai eu peur d'être violée, et je me suis douchée 40 minutes après ça".

C'était "une accolade"

Le luthier, interrogé à ce sujet par le président de la cour d'assises, s'agace : "Aujourd'hui en France, vous faites une accolade à quelqu'un, c'est une agression sexuelle, il n'y avait rien de sexuel, c'était une accolade comme un salut". Pour expliquer les baisers, l'accusé assure qu'il voulait "faire une bise, c'est allé trop vite et c'est tombé dans le cou". 

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