Faits divers – Justice

Un lycéen du Cher en lien avec le commando de jeunes femmes qui visait Notre-Dame-de-Paris

Par Marc Bertrand, France Bleu Berry et France Bleu lundi 26 décembre 2016 à 4:00

Le commando de Boussy-Saint-Antoine (Essonne) avait tenté de faire exploser des bonbonnes de gaz à proximité de Notre-Dame-de-Paris
Le commando de Boussy-Saint-Antoine (Essonne) avait tenté de faire exploser des bonbonnes de gaz à proximité de Notre-Dame-de-Paris © Maxppp - Olivier Boitet-Le Parisien

Un lycéen de 18 ans de Massay a été condamné jeudi à 5 ans de prison, dont 3 ans ferme par le tribunal de Bourges pour apologie du terrorisme. Il était en contact avec l'une des membres du commando de l'attentat manqué près de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, le 4 septembre dernier.

Pendant plusieurs mois le lycéen a communiqué sur internet avec l'une des trois jeunes femmes impliquées dans la tentative d'attentat manquée contre l'Eglise Notre-Dame-de-Paris. Il a aussi échangé avec plusieurs individus fichés S par les renseignements.

Un lycéen "fragile psychologiquement", le parquet veut "agir vite"

Après l'arrestation du commando de jeunes femmes, le parquet antiterroriste a interrogé le jeune homme, sans donner suite. Il était libre de ses mouvements et continuait à fréquenter son lycée de Vierzon.

Mais il y a deux semaines, les gendarmes mènent une perquisition administrative à son domicile, à Massay, dans le cadre de l'Etat d'urgence. Les enquêteurs récupèrent son ordinateur et son smartphone.

Des recruteurs lui proposent de préparer un attentat

Les données qu'ils contiennent prouvent que le jeune homme a consulté régulièrement des sites de propagande djihadiste. Il a aussi posté des messages et des commentaires appelant à l'action violente contre la France.

Michaël Villemont, l'avocat du jeune homme lors de sa comparution immédiate

Il est également en contact avec des recruteurs du groupe Etat Islamique, qui lui proposent à plusieurs reprises de préparer un attentat. Ce qu'il aurait toujours refusé, selon son avocat, maître Michael Villemont.

Le parquet de Bourges décrit le jeune homme comme particulièrement fragile psychologiquement. Il demande au juge d'agir vite face à ce que l'Etat considère comme une menace pour l'intégrité de la nation.

Lors de l'audience, il affirme être en mesure de se "déradicaliser", mais "à l'audience, il nous a bien dit qu'il n'était pas totalement contre les thèses de Daesh", assure son avocat.

3 ans ferme, et deux ans avec sursis

Le tribunal condamne le lycéen de 18 ans à 3 ans de prison ferme plus deux autres avec sursis jeudi dernier, pour apologie du terrorisme, et consultation de sites encourageant les actes terroristes - un délit entré dans le code pénal au mois de juin.

La peine étant assortie d'un mandat de dépôt, le lycéen a été placé immédiatement en prison. Il ne sortira pas avant au moins deux ans, la peine n'étant pas aménageable d'ici là.