Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Un médecin hospitalier condamné à Besançon pour violences conjugales

-
Par , France Bleu Besançon

Cet homme était jugé ce mercredi 15 juillet pour s'en être violemment pris à sa compagne, devant leur fils, en mai dernier. Une affaire sur fond d'alcool, de tensions, mais aussi de crise sanitaire et d'épuisement des soignants.

Le tribunal de police de Besançon - Photo d'illustration
Le tribunal de police de Besançon - Photo d'illustration © Radio France - France Bleu Besançon

Le 23 mai dernier, vers trois heures du matin, la soirée dégénère : le médecin a bu, sa compagne lui avoue une infidélité commise il y a plusieurs années. Et il "pète un plomb", selon ses termes. Une déferlante de coups : des claques d'abord, puis des coups de pied et de poing ; il lui frappe la tête contre le mur, la traite de "salope". Leur fils s'interpose, il le repousse en lui disant que "ce ne sont pas [ses] affaires". La victime, médecin elle aussi, s'en tire avec 6 jours d'ITT.

Un fond d'alcool, de jalousie et d'épuisement professionnel 

Deux mois après, l'homme qui s'avance à la barre est voûté et dit d'une voix faible, presque inaudible, avoir "honte" de lui. "J'étais ivre d'alcool et de jalousie", explique-t-il. En garde-à-vue à 3h30 du matin, il affiche encore 1,2 gramme d'alcool par litre de sang. Jusque-là, l'affaire est tristement classique, tout comme les arguments du mis en cause.

"Indigne du serment d'Hippocrate"

Mais l'homme est aussi médecin. Au lendemain des faits, il confie à son avocat être "indigne du serment d'Hippocrate". Ce serment qui stipule : "Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté [...]. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité." "Les faits que vous avez commis posent question sur votre capacité à exercer votre métier", note l'une des juges.

Des journées à rallonge, le stress du coronavirus

Un métier auquel le prévenu est pourtant indispensable, dans la période actuelle. Et c'est peut-être cela qui le fait basculer. Le jour du drame, cela fait déjà plusieurs mois que l'hôpital est touché de plein fouet par l'épidémie. Le prévenu raconte le stress quotidien, en première ligne face au virus. La gestion seul d'un service, car l'un de ses collègues est lui-même contaminé et hospitalisé. Les journées à rallonge, sept jours sur sept, et l'alcool, consommé plus souvent que d'habitude pour relâcher la pression après le service. Il relate son état d'épuisement général en tant que soignant. Un récit que chacun a lu ou entendu ces dernières semaines, mais qui sonne différemment lorsqu'il est raconté à la barre d'un tribunal.

"Il doit soigner ses plaies"

"Il y avait sans doute une fatigue liée à cette gestion de crise", reconnaît la procureure, qui rappelle au passage que ce procès "montre que les violences conjugales concernent tout le monde, et tous les milieux sociaux". Une fatigue conjuguée à des fragilités psychologiques antérieures à la crise sanitaire : "ma cliente dit qu'il doit soigner ses plaies", explique l'avocate de sa compagne, absente lors du procès. La victime, très marquée, "a eu mal physiquement et a surtout eu peur de mourir sous les coups", relate sa défense. "Pour autant, elle veut toujours croire à ce couple et a encore de l'affection pour lui." Elle demande - et obtient - un euro symbolique au titre des dommages et intérêts. 

Une "détresse psychologique" 

Depuis le 23 mai, le médecin est logé dans un foyer Altérité, un centre d'accueil pour conjoints violents (ce qui permet aux femmes victimes de rester vivre chez elles, de ne pas avoir à déménager). Le suivi réalisé pendant cette période décrit une "détresse psychologique, des idées suicidaires, une anorexie, une perte de poids et une image de soi extrêmement dégradée". "Il semble que vous ayez pris conscience de la gravité des faits", déclare la procureure, qui sollicite une peine de sept mois de prison avec sursis, assortis de deux ans d'obligation de soins psychologiques. Les juges sont plus cléments et prononcent cinq mois de sursis avec obligation de soins.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess