Faits divers – Justice

Un militaire tétraplégique en appelle à François Hollande pour obtenir réparation

Par Véronique Pueyo et Xavier Demagny, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu Isère et France Bleu lundi 11 janvier 2016 à 18:48

Julien Leroux avait rencontré François Hollande en 2012.
Julien Leroux avait rencontré François Hollande en 2012. © Radio France

En 2011, Julien Leroux, un militaire isérois de 32 ans, est devenu tétraplégique après un accident lors d'un entraînement dans les Ardennes. Aujourd’hui, il en appelle à François Hollande pour obtenir réparation de la part de l’armée.

En 2011, Julien Leroux, un militaire isérois de 32 ans, est devenu tétraplégique, après un accident lors d'un entraînement dans les Ardennes. Aujourd’hui, il en appelle à François Hollande pour obtenir réparation de la part de l’armée. Il était sur le point d’obtenir un dédommagement, quand, en juin dernier, l'État a fait marche arrière

Double peine

Pour Julien Leroux, c'est la double peine. Non seulement il est devenu tétraplégique un mois après son mariage, un projet de vie stoppé net, mais plus de quatre ans après son accident, il n'a touché aucun dédommagement. Il a donc dû s'endetter pour vivre dignement.

"Le gros problème, c’est que le handicap n’est pas donné. Il faut faire de la gymnastique 24h/24, avec des auxiliaires, des infirmières. J’ai des soins kiné très réguliers et la moindre adaptation coûte tout de suite des sommes faramineuses ", explique-t-il.

Pourtant, en juin 2015, après quatre longues années de procédure, Julien et son avocate Maître Marie-Christine Hartemann, croient voir enfin le bout du tunnel. Le tribunal de Troyes -qui suit l'affaire- valide un accord avec l'État. Julien Leroux doit percevoir une somme, une provision - dont il ne souhaite pas dévoiler le montant. Mais c’est un véritable coup de théâtre : le Préfet de l'Aube multiplie les procédures pour ne pas payer. Dernier subterfuge en date, il consentirait à ne verser qu'un cinquième de la provision. Pour son avocate, c’est tout simplement scandaleux : « Aujourd’hui, nous n'avons pas la possibilité d’exécuter par voie forcée cette provision qui était allouée. »

"Il nous a dit qu’il serait toujours là auprès des blessés, qu’il nous aiderait tout le temps. Et le problème c’est que c’était juste des mots, il n’y a rien de plus." - Julien Leroux à propos de François Hollande

ECOUTER | Julien Leroux écœuré, après les promesses de François Hollande.

Julien Leroux est écœuré. Il avait pourtant confiance quand, en 2012, il avait reçu la visite de François Hollande, plein de compassion, lorsqu'il était à l'hôpital militaire du Percy de Clamart, où il était soigné.  « Il nous a dit qu’il serait toujours là auprès des blessés, qu’il nous aiderait tout le temps. Et le problème c’est que c’était juste des mots, il n’y a rien de plus. On est toujours dans l’attente d’une reconnaissance. On a servi son pays (…) on s’est battu, on a fait notre travail. Et là seule reconnaissance qu’on a, c’est entre blessés. »

Extrait du discours de François Hollande lors de sa visite à l'hôpital. - Radio France
Extrait du discours de François Hollande lors de sa visite à l'hôpital. © Radio France

Une lettre au président

Alors Julien a écrit à François Hollande en lui envoyant la photo où on les voit tous les deux et la copie du discours qu'il avait prononcé à cette occasion. Il vient de recevoir une réponse de la Présidence de la République. « En raison de l’indépendance de la justice, il ne saurait intervenir dans un dossier qui fait l’objet d’une procédure judiciaire » dit le courrier. Paradoxal, rétorque son avocate puisque la préfecture de l’Aube elle-même est intervenue dans le dossier.

ECOUTER | Marie-Christine Hartman, l'avocate de Julien Leroux

La réponse de la Présidence de la République reçue en décembre. - Radio France
La réponse de la Présidence de la République reçue en décembre. © Radio France

Julien Leroux est donc face à un mur aujourd’hui et lance un ultime appel à François Hollande. Ils aimeraient, avec son épouse qui doit accoucher dans quelques semaines, que ce cauchemar prenne fin rapidement pour accueillir dignement leur enfant.

ECOUTER | Le reportage de Véronique Pueyo

Julien Leroux n'a pas voulu communiquer le montant de la somme qu'il avait obtenue au tribunal. Mais pour indication, un fauteuil comme le sien coûte 18.000 euros, l'aide à domicile pour l'assister dans sa vie quotidienne coûte 18.000 euros par moins, enfin, il faut compter 150.000 euros pour une voiture équipée.

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