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Faits divers – Justice DOSSIER : Nordahl Lelandais

Affaire Maëlys : un mois après, le procureur de la République de Grenoble en appelle à la "conscience de chacun"

mardi 26 septembre 2017 à 8:52 - Mis à jour le mardi 26 septembre 2017 à 14:11 Par Simon De Faucompret, Nicolas Crozel et Denis Souilla, France Bleu Isère et France Bleu

Invité de France Bleu Isère ce mardi 26 septembre, Jean-Yves Coquillat, procureur de la République de Grenoble, a répété ses mises en garde autour de l'enquête, un mois après la disparition de Maëlys fin août. Il exhorte citoyens et médias à faire preuve de retenue et de vigilance.

Le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, clarifiait sa position sur l'affaire Maëlys ce mardi 26 septembre.
Le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, clarifiait sa position sur l'affaire Maëlys ce mardi 26 septembre. © Radio France - Simon de Faucompret

Le Pont-de-Beauvoisin, France

"Sur le fond de l'affaire, je ne dirai rien." Jean-Yves Coquillat s'est montré fermé et assez critique vis-à-vis de la couverture médiatique de l'affaire Maëlys, lors de son intervention à l'antenne de France Bleu Isère ce mardi 26 septembre. Cela fait un mois, jour pour jour, que la fillette de 9 ans a disparu au Pont-de-Beauvoisin (Isère) lors d'une fête de mariage, vers 3h30, dans la nuit du 26 au 27 août. Après de nombreuses unes de journaux, beaucoup d'articles et parfois des rumeurs, le procureur de la République de Grenoble a tenu à remettre les pendules à l'heure.

Réécouter Jean-Yves Coquillat, procureur de la République de Grenoble, invité de France Bleu Isère ce mardi 26 septembre.

"Il n'y a rien de pire qu'une disparition d'enfant. (...) Tout ce qui peut nuire à l'enquête ne doit pas être révélé" — Jean-Yves Coquillat, procureur de la République de Grenoble

Des eaux de lavage ont-elles été prélevées ?

C'est par souci de protection des éléments de l'enquête que Jean-Yves Coquillat a refusé d'apporter de plus amples informations. "Nous sommes face à une disparition d'enfant. Le pire type d'affaire auquel nous puissions être confrontés", a-t-il asséné. " Pour les parents, c'est un supplice que personne ne peut souhaiter à son pire ennemi."

Selon lui, divulguer trop d'informations autour de la disparition de Maëlys reviendrait à apporter de l'aide à son bourreau. "Si nous avions à traiter d'un homicide, la communication ne nuirait pas à l'enquête", expose-t-il. "Un enlèvement d'enfant n'est pas une affaire comme les autres. Tout ce qui peut nuire à l'enquête ne doit pas être révélé."

A savoir si les enquêteurs cherchent des traces ADN dans les eaux usées prélevées à la station de lavage, comme le publie BFMTV, le procureur de la République de Grenoble ne dément pas et estime "normal qu'on fasse des recherches dans des eaux de lavage, dans des lacs ou des endroits qui n'ont parfois rien à voir avec les faits".

"Vous imaginez bien que dans une enquête de ce type, on exploite tout. C'est à dire qu'on saisit à peu près tout ce qu'on peut trouver. Il est normal qu'on fasse des recherches dans des eaux de lavage, dans des lacs ou des endroits qui n'ont parfois rien à voir avec les faits" — Jean-Yves Coquillat, procureur de la République de Grenoble

La presse dans le viseur

Jean-Yves Coquillat se dit peu dupe du rôle de la presse dans cette médiatisation de l'affaire. "Les vérités énoncées n'en sont pas toujours", avertit-il. "Ce sont parfois des rumeurs ou des fausses informations. Et ce n'est pas parce qu'on répète une rumeur à tout va qu'elle devient vraie." Il mentionne notamment l'histoire de la voiture du suspect ayant été flashée le soir de l'enlèvement, pour laquelle il a dû faire un démenti officiel. "Ça prenait des proportions folles !" déplore le magistrat.

"Est-il normal que des photos soient remises aux journalistes plutôt qu'aux enquêteurs ?" — Jean-Yves Coquillat, procureur de la République de Grenoble

Mais s'il se dit malgré tout respectueux de la liberté de la presse, il en appelle à "la conscience des journalistes et également à celle des citoyens". Exemple à l'appui : "Deux photos du mis en cause ont été publiés dans la presse ce week-end, on le voit porter un short blanc. Or, ni les enquêteurs ni les juges ne détenaient ces clichés!" s'étonne le procureur. "Est-ce normal qu'une photo soit remise aux journalistes plutôt qu'aux enquêteurs, quand elle peut apporter des éléments à l'enquête ? Est-ce vraiment une démarche citoyenne, ça ?" conclu le magistrat.

La fillette a disparu dimanche 27 août, lors d'un mariage se déroulant au Pont-de-Beauvoisin en Isère. - Radio France
La fillette a disparu dimanche 27 août, lors d'un mariage se déroulant au Pont-de-Beauvoisin en Isère. © Radio France