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Un an de prison avec sursis pour le voleur d'églises toulousain

Par Julien Laignez, France Bleu Toulouse vendredi 8 janvier 2016 à 23:03

Le palais de justice de Toulouse
Le palais de justice de Toulouse © Radio France

Le vol dans les églises était devenu une addiction pour ce célibataire sans enfant de 45 ans qui entreposait son butin catholique dans les 68 mètres carrés de son appartement toulousain.

Le tribunal correctionnel a condamné ce vendredi 8 janvier à un an de prison avec sursis un toulousain de 45 ans pour avoir volé en 8 mois... plus de 80 objets de culte et oeuvres d'art dans 17 églises de Toulouse et sa région, mais aussi de Montauban, Gaillac, Lisle-sur-Tarn ou encore Lézat-sur-Lèze en Ariège.

L'homme est condamné pour avoir agi seul, aux heures d'ouverture des églises... mais pas pour recel ! Tous les objets étaient soigneusement entreposés chez lui dans son appartement du quartier de la Roseraie à Toulouse.

Le drame de ma vie ou ma chance, c'est d'être passionnément aimé par mes parents. J'ai compensé par des excès, j'ai arrêté l'alcool en 2012. Pourquoi j'ai fait ça ? par le plus grand des hasards. Un jour j'étais en avance à une réunion des alcooliques anonymes, je suis entré dans une église et j'ai vu une pièce en bois doré, je me suis dit "pourquoi pas ?". Je n'ai pas d'explications? je n'ai rien monnayé. J'ai aussi volé des objets sans valeur. J'ai dit à mes proches que j'avais acheté tous ces objets avec l'argent de ma grand mère dans les  salles des ventes.

— Extrait de la déposition du prévenu à l'audience du tribunal correctionnel de Toulouse. 

Le tribunal n'a pas suivi les réquisitions du ministère public qui demandait un an ferme et un an avec sursis. Le prévenu est condamné à se soigner et à indemniser les victimes : 17 communes ou associations de patrimoine, la plupart des objets volés étaient classés à l'inventaire des monuments historiques et valaient plusieurs milliers d'euros, un grand nombre d'entre eux ont été dégradés. 

D'habitude les voleurs d'églises agissent en bandes organisées spécialisées dans le recel. Là non, le prévenu ne s'explique pas cette dérive. A son procès il s' est présenté comme un collectionneur amateur attiré par les objets en bois doré ... 

"Croyez-moi ou pas, je suis athée madame la présidente ! "

A 45 ans cet ancien commerçant vit de l'argent de ses parents et faisait croire à ses proches que ces objets entreposés chez lui étaient achetés dans des ventes aux enchères. Son avocate Marie Hélène Pibouleau insiste sur les multiples addictions d'un homme qui éprouvait une excitation particulière au moment de ces multiples passages à l'acte. 

"Il a rempli son appartement jusqu'à ne plus pouvoir s'y mouvoir"

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