Faits divers – Justice

Un observatoire pour lutter contre les violences faites aux femmes

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon mardi 24 juin 2014 à 11:04

Les violences conjugales sont la cause principale d'un quart des homicides recensés en 2013 en France
Les violences conjugales sont la cause principale d'un quart des homicides recensés en 2013 en France © MaxPPP

Cette structure regroupe les associations et les services du Conseil Général, ceux de l'Etat, de la police et de la justice. Il n'existe que trois observatoires départementaux de ce type en France.

L'organisme traitera des violences faites aux femmes, au sens large : à la maison, dans la rue, ou encore sur le lieu de travail. L'objectif est d'améliorer le partage d'informations entre tous les acteurs concernés, pour améliorer la prise en charge des femmes en détresse.

L'observatoire est donc formé par le Conseil Général des Pyrénées-Orientales, les services de l'Etat dans le département, les services de police et de justice, avec l'appui essentiel des associations, qui font remonter les infos du terrain, et les cas de personnes en difficulté. L'observatoire doit permettre de recenser plus finement ces cas. Pour l'instant, il n'en existe que trois en France à l'échelle départementale : en Seine-Saint-Denis, dans l'Allier, et désormais dans les Pyrénées-Orientales.

Quatre femmes tuées en 2013 dans les Pyrénées-Orientales

Il faut dire qu'il y a urgence à agir : l'an dernier, quatre femmes sont mortes dans les Pyrénées-Orientales, suite à la violence de leurs compagnons. L'histoire de Rosine, une employée du musée de Céret tuée par son ancien mari reste ancrée dans les mémoires. Mais derrière ces quatre femmes tuées, il y a ces chiffres qui font froid dans le dos : une Française sur 10 dit avoir déjà été victime de violence conjugale. Mais combien ont effectivement porté plainte ? combien ont parlé ? Le procureur de la République de Perpignan le rappelle : derrière les femmes battues qui parlent, il y en a encore beaucoup qui se taisent.

"C'est difficile de parler si je pense que la personne à qui je vais parler ne va pas m'entendre" (Ernestine Ronai, de la Mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violence)

C'est donc toujours ce silence qu'il faut briser... La majorité des coups sont portés à la maison, en huis-clos, sans témoin... Ou alors les seuls sont les enfants, qui souffrent autant que leur mère de la situation. Les femmes battues ressentent aussi de la culpabilité, dans un mélange d'amour et de haine pour leur compagnon. Et puis quand elles ont envie de parler, elles ne savent pas à qui .

Les professionnels de santé sont souvent les premiers confidents, mais ils ne peuvent pas forcer les femmes à se confier, à dire leur souffrance. Selon Ernestine Ronai, de la Mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences, il doit y avoir le courage de parler des femmes battues, mais aussi le courage de poser des questions de la part de la personne en face. Le professionnel de santé doit trouver une façon d'interroger la victime, la mettre en confiance, pour qu'elle parle, qu'elle confie ce qu'elle vit.

Obs violences femmes 03

De nombreux professionnels (médecins, enseignants, travailleurs sociaux...) estiment qu'ils ne sont ni formés, ni compétents pour agir face à ses situations. La création de cet observatoire comprend donc un volet formation.

Marie-Odile Mifsud est une ancienne femme battue, elle a fondé son association