Faits divers – Justice

Un paysan du Béarn condamné pour conduite en état d'ivresse au volant d'un tracteur

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn mardi 5 janvier 2016 à 18:37

L'entrée de la salle d'audience
L'entrée de la salle d'audience © Radio France - Daniel Corsand

Un agriculteur de Louvie-Juzon, âgé de 58 ans, a été condamné ce mardi pour avoir conduit ivre son tracteur à deux reprises, à dix jours d'intervalles. Ce n'était pas la première fois, son permis de conduire lui avait d'ailleurs été retiré. Il faisait ses courses avec l'engin agricole.

C'est la quatrième fois que Gérard comparait devant le tribunal correctionnel de Pau pour conduite en état d'ivresse. Mais cette fois, il était sur la route, au volant de son tracteur. Deux contrôles, à dix jours d'intervalle en septembre dernier à Louvie-Juzon et à Sainte-Colome, en vallée d'Ossau. La première fois il avait 4,69 grammes d'alcool par litre de sang, et la deuxième fois, "seulement" deux grammes.

Une triste histoire de solitude

Gérard a un gros problème d'alcool. Il n'a plus son permis de conduire à cause de trois précédentes condamnations pour conduite en état d'ivresse, dont la dernière en 2013. Alors, comme le tracteur se conduit sans permis, il le prend pour aller faire ses courses. C'est à cette occasion qu'il s'est donc fait contrôler. Après l'appel d'une personne à Louvie-Juzon qui le voyait zigzaguer sur la route.

Je bois quand j'ai des coups de cafards

— Gérard à l'audience

L'audience a débuté par un trait d'humour du président : "si ça continue, il va falloir que ça cesse". Mais très vite les débats deviennent plus lourds. À l'audience, Gérard explique sa solitude. Il a ses vieux parents à charge et cette ferme, où il élève des vaches à viande.

Un tribunal embarrassé

Je n'ai pas du tout envie de vous envoyer en prison

— Le Président à Gérard

Du coup le tribunal est embarrassé. Le président lui fait la morale : "Que vous vous suicidiez à petit feu à coups de rouge, c'est votre affaire, mais l'alcool fait des milliers de morts sur les routes". Il a déjà été condamné deux fois, des peines assorties de sursis avec mise à l'épreuve.  Le président lui laisse une dernière chance. Un mois de prison ferme, mais aménageable. Il peut garder son tracteur s'il ne l'utilise que sur l'exploitation. Mais le magistrat, sans détours, termine en disant: "Si vous avez des coups de blues, picolez, mais faites vos courses à vélo".

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