Faits divers – Justice

Un pédophile de 90 ans condamné à Valence

Par Maxime Bacquié, France Bleu Drôme-Ardèche et France Bleu jeudi 31 mars 2016 à 18:30

Le tribunal correctionnel de Valence
Le tribunal correctionnel de Valence © Radio France - Stéphane Milhomme

Un Valentinois de 90 ans a été condamné ce jeudi à cinq ans de prison dont deux ans et demi ferme par le tribunal de Valence. Accusé de tourisme sexuel dans plusieurs pays, il a été reconnu coupable d'avoir eu des relations sexuelles avec des mineurs. Il avait déjà été condamné en 1997.

Avachi sur ses béquilles, incapable de se tenir debout, le vieil homme fait mine de ne pas entendre les questions du juge. "Arrêtez votre comédie, je sais que vous n'êtes pas sénile" râle le juge. "J'ai pas touché de mineurs" répète le nonagénaire en boucle. Il est accusé de tourisme sexuel en Roumanie, Moldavie, Maroc et Thaïlande et d'avoir eu des relations sexuelles avec des mineurs et notamment des mineurs de moins de 15 ans, entre 2008 et 2011. Il avait déjà été condamné pour des faits similaires en 1997. Il avait même été le premier français condamné pour tourisme sexuel à l'époque. Condamné à 14 ans de prison, il était ressorti en 2005.

"Le chasseur d'enfant"

Surnommé "le chasseur d'enfant" lors de sa 1ere condamnation en 1997, il s'est cette fois trahi lui-même. Quand il rentre d'un énième voyage en Thaïlande en 2011, il raconte ses exploits sexuels à un voisin, à la terrasse d'un café, à Valence. Le voisin alerte alors la police, qui lance une enquête en Thaïlande et très vite, plusieurs enfants reconnaissent la photo de ce vieillard et racontent les sévices sexuels qu'il leur a imposé.

Trois enfants thaïlandais de 11 à 14 ans reconnaissent sa photo

Trois témoignages concordes, des enfants âgés entre 11 et 14 ans. Les enquêteurs retrouvent aussi au domicile de cet ancien artisan valentinois des documents sur les risques de la pédophilie. Pourtant le vieil homme insiste : "j'ai fait du sexe qu'avec des majeurs". "Comment saviez-vous qu'ils étaient majeurs," demande le juge. "Ça se voit sur leur tête," répond le nonagénaire.

"Un vieux pervers"
— Le procureur

Le procureur parle d'un "vieux pervers", un trait de caractère selon lui, "pas une maladie". Son avocate évoque "un dossier fragile, avec des témoignages imprécis" mais l'homme est finalement condamné à cinq ans de prison, dont 30 mois avec sursis, interdiction de sortir du territoire et interdiction d'approcher des mineurs. Le mandat de dépôt n'a pas été prononcé et le vieillard a donc pu rentrer chez lui après l'audience