Faits divers – Justice

Un père de famille jugé pour l'assassinat de sa fille de 6 ans lourdement handicapée

France Bleu mardi 18 mars 2014 à 8:39

Le procès aura lieu dans la Cour d'assises de Seine-et-Marne, à Melun
Le procès aura lieu dans la Cour d'assises de Seine-et-Marne, à Melun © MaxPPP

Ce mardi s'ouvre à Melun le procès d'un père, âgé de 45 ans, accusé d'avoir tué sa fille de 6 ans, en l'étouffant dans son sommeil, en janvier 2011. L'homme ne supportait plus le lourd handicap de sa fille, totalement dépendante. Il risque la prison à vie pour assassinat.

"C'est un crime d'amour, une affaire qui sort de l'ordinaire ", selon l'avocat de l'accusé, un père de famille âgé de 45 ans. Cet homme comparaît à partir de mardi devant les assises de Seine-et-Marne. Il est accusé d'avoir assassiné sa fille de six ans, lourdement handicapée.

Les faits remontent au 3 janvier 2011, à Boulancourt, à 80 kilomètres au sud de Paris. Le père a fait irruption dans la chambre de sa fille et l'a étouffée en plaçant sa main sur sa bouche. Il "n'a pas eu le courage " de tuer sa femme ensuite et de se donner la mort, comme il l'avait prévu, selon son avocat. Il avait même effectué un virement de 10.000 euros sur le compte en banque de sa mère, pour payer les obsèques de sa famille.

Un père "aimant" mais "laminé"

La petite Johanna, née prématurée, était tétraplégique et épileptique. Elle souffrait d'un fort retard mental, qui la rendait totalement dépendante de son père. Sa mère, quant à elle, était maniaco-dépressive, et devenue amorphe après de nombreux traitements à l'hôpital. "C'est une accumulation de pressions qui l'a amené à mettre fin aux jours de son enfant ", explique l'avocat, Me Hubert Delarue.

Selon les psychiatres, le père de famille était "aimant " mais "laminé et épuisé ". Placé sous antidépresseurs, il ne prenait plus son traitmeent. L'idée de mettre fin aux jours de sa fille - mais aussi de sa femme et de lui même - "s'imposait à lui comme la seule solution " depuis un an, ont conclu les enquêteurs. 

Le procès dure jusqu'à jeudi. Le père de famille risque la prison à vie.