Faits divers – Justice

Un père et ses deux fils jugés pour agressions sexuelles sur des fillettes

Par Julie Guesdon, France Bleu mercredi 30 avril 2014 à 16:27

Le tribunal correctionnel de Versailles
Le tribunal correctionnel de Versailles © MaxPPP

Un homme et ses deux fils sont entendus ce mercredi par le tribunal correctionnel de Versailles. Ils sont accusés d'agressions sexuelles en série sur sept fillettes de leur famille, pendant près de vingt ans.

L'affaire aura duré 20 ans. Mercredi 30 avril, un père de 59 ans et ses deux fils de 30 et 33 ans comparaissent devant le tribunal correctionnel de Versailles. Ils sont accusés d'agressions sexuelles sur plusieurs fillettes de la famille.

Entre 1993 et 2013, cinq nièces et cousines des prévenus ont été victimes d'attouchements. Le père de famille est d'ailleurs également jugé ce même jour pour agressions sexuelles sur ses filles de 3 et 6 ans.

Un secret de famille

Les trois hommes sont interpelés en mars 2013, lorsque la compagne des deux petites filles, en instance de divorce, porte plainte contre son époux. Lors du dépôt de plainte, le 19 mars 2013, les fillettes déclarent avoir été agressées sexuellement par leur père pendant les vacances de Pâques. En écho, la mère révèle aux gendarmes que des faits similaires auraient été rapportés par des membres de la famille. Une fois interrogées, ces personnes parlent d'attouchements perpétrés par le père et l'un de ses fils.

Les langues se délient dans la famille originaire des Yvelines et une quatrième victime porte plainte contre le père, puis une cinquième, contre le plus vieux des deux fils. On apprend alors que les parents des fillettes savaient parfois, après coup, mais n'avaient pas porté plainte, notamment à cause du "qu'en dira-t-on".

Une première condamnation par le tribunal pour enfants

Les deux frères ont déjà été condamnés le 1er avril dernier par le tribunal pour enfants de Versailles. Ils étaient jugés pour agressions sexuelles commises sur leurs nièces et cousines alors qu'ils étaient mineurs. Le plus jeune des deux frères, Jean-François, écopent de 4 ans de prison, dont un an avec sursis. Son frère, Gilbert, déclaré déficient mental, n'est condamné qu'à 8 mois de prison avec sursis.

Parmi les avocats et magistrats qui suivent l'affaire, on évoque un "manque d'éducation" dans une famille où "la perversité et la défiance sexuelles étaient omniprésentes". Dans les années 90, la mère des deux frères garde plusieurs petites filles du voisinage, dont des nièces et cousines, les seules à avoir dénoncé les abus.

Caresses imposées, viols à répétition... Les détails sont scabreux. Romuald, le "papi" se promène en peignoir, selon les dires des victimes et se masturbe devant les fillettes en regardant des films pornographiques. Jean-François exerce un "chantage aux jouets" : pas de Playmobil si les fillettes ne se "placent pas sur lui". Quant à Gilbert, une victime rapporte avoir été plaquée contre un mur pendant qu'il se caressait contre elle.

L'avocat de l'un des deux frères, Denis Solanet, soutient toutefois qu'il ne s'agit pas d'un "prédateur sexuel". Il rappelle que le prévenu a cessé toute agression sexuelle pendant 13 ans, une fois parti du domicile paternel.