Faits divers – Justice

Première bavure mortelle au Flash-Ball : 18 mois avec sursis requis contre un policier marseillais

Par Thibault Maisonneuve et Isabelle Lassalle, France Bleu Provence et France Bleu vendredi 27 janvier 2017 à 11:07 Mis à jour le vendredi 27 janvier 2017 à 12:06

Un Flash-ball (photo d'illustration)
Un Flash-ball (photo d'illustration) © Maxppp -

Un policier est jugé ce vendredi par la tribunal correctionnel de Marseille pour homicide involontaire. En décembre 2010, il avait tué un homme avec un Flash-Ball alors qu'il voulait le maîtriser suite à une agression dans les quartiers Nord. 18 mois avec sursis requis contre le policier.

C'est à ce jour la seule bavure mortelle liée à l'utilisation d'un Flash-Ball. Un policier qui avait blessé mortellement un père de famille de 43 ans répond vendredi devant le tribunal correctionnel d' "homicide involontaire", un délit passible de trois de prison.

Peine requise : 18 mois avec sursis

Une peine de 18 mois avec sursis a été requise contre le policier. Xavier Crubezy "n'avait pas le droit, tout simplement, de faire usage de cette arme", le 12 décembre 2010 lorsqu'il a tiré, a déclaré le procureur. Il a demandé sa condamnation pour "homicide involontaire".

De son côté, le policier a plaidé la "légitime défense" pour justifier son geste. "Je n'ai absolument pas tiré pour tuer", a déclaré auparavant le gardien de la paix Xavier Crubezy. Il a déclaré regretter "les tragiques conséquences de (son) tir". Il exerce aujourd'hui dans les CRS et a affirmé n'avoir pas eu d'autre choix que de faire usage de cette arme, présentée comme non-mortelle.

Maîtriser le résident d'un foyer

Le 12 décembre 2010, le policier avait voulu maîtriser un résident d'un foyer de travailleurs des quartiers Nord de Marseille. Il avait tiré au niveau du thorax avec son arme qui projette à très grande vitesse des balles de caoutchouc. La victime venait de blesser l'un de ses voisins avec un couteau, s'était retranché dans sa chambre et avait jeté une tasse au visage du policier qui avait riposté.

"Pour moi, quand j'ai tiré, la légitime défense était établie", a raconté le policier à la barre. "On savait qu'il y avait des couteaux qui traînaient, qu'il pouvait s'en servir. [... ] Il se montrait virulent face à nous [...] On a essayé de capter son regard, son attention, pour qu'il se calme et que la tension redescende".

Mais l'avocat de la fille de la victime a répliqué, "Vous étiez trois fonctionnaires de police face à un individu acculé contre le mur, armé d'un verre et d'un mug !"

Un Flash-Ball utilisé à 4,40 m au lieu de 7 mètres

L'enquête a montré que le policier avait utilisé son Flash-Ball à 4,40 m alors qu'une note de la Direction général de la police nationale exige une distance minimale de 7 mètres. Le résident du foyer de travailleurs, au lourd passé psychiatrique, était mort le lendemain d'un arrêt cardiaque, conséquence "directe et exclusive" du choc thoracique avaient établi les médecins.

Un premier procès s'est tenu en 2014, mais il avait tourné court, les magistrats estimant que cette affaire relevait des Assises. Mais la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a conclu fin 2015 que ce dossier devait bien être jugé en correctionnelle.

Flash-Ball : quels modèles et quels usages - Visactu
Flash-Ball : quels modèles et quels usages © Visactu