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Faits divers – Justice

Un procès huit ans après l'explosion d'une barre HLM de Noisy-le-Sec

lundi 9 novembre 2015 à 16:25 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris

Huit ans après, le procès de l'explosion d'un immeuble à Noisy-le-sec a ouvert à Bobigny. Il a été détruit le 22 décembre 2007, après une fuite de gaz due à des travaux de forage. La société qui menait les travaux, l'ingénieur qui en avait la charge, et l'OPH 93 sont jugés cette semaine.

Caroline Varisellaz, ancienne habitante du HLM, et son avocate
Caroline Varisellaz, ancienne habitante du HLM, et son avocate © Radio France - Rémi Brancato

Noisy-le-Sec, France

Ce 22 décembre 2007, les habitants de la barre HLM de la rue Gay Lussac, à Noisy-le-sec ont été réveillés par une forte odeur de gaz. Les policiers ont heureusement ensuite évacué l'immeuble et les habitations voisines à temps. Quelques minutes après, vers 9h30, plusieurs explosions détruisent l'immeuble.

A quelques jours de Noël, les habitants sont sortis, en pyjama pour beaucoup, et ont tout perdu. Caroline Varisellaz se trouvait chez elle avec sa fille de 7 ans et son fils de 15 ans.

"On vous dit 'sortez, sortez, tout va sauter!' Alors on a couru, en chemise de nuit, sans chaussettes."

Caroline Varisellaz, une ancienne habitante de la barre HLM.

Pendant un mois, les habitants de la barre Stephenson ont été hébergés dans un gymnase, mis à disposition par la commune, avant d'être relogés. Caroline Varisellaz était alors autoentrepreneur et travaillait à domicile. Elle a perdu tous ses fichiers clients et s'est retrouvée de nombreux mois au chômage. 

Des dysfonctionnements pas encore reconnus

Marie-Chantal Robert, aussi, a tout perdu. Avec ses 3 enfants, elle a été relogée au Blanc Mesnil, dans un appartement insalubre. Depuis, cette auxiliaire de vie a fait une tentative de suicide, une dépression. Elle a été reconnue invalide et licenciée. Elle vit aujourd'hui de l'allocation adulte handicapé et cette explosion reste un souvenir qui la hante :

"Depuis ce 22 décembre, on ne fête plus Noël."

Marie-Chantal Robert, une des victimes de l'explosion.

Ce procès, c'est un moment très important pour toutes ces victimes. Marie-Chantal dit vouloir "faire le deuil" et son avocat, Simon Paez demande "une condamnation":

"Il y a eu des dysfonctionnements qui n'ont pas été reconnu. Le suivi par les acteurs sociaux n'a pas été fait. La vie de ma cliente a été détruite"

Une succession de négligences et de fautes

Sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel de Bobigny, se trouvent l'Office public de l'habitat de Seine-Saint-Denis (OPH93), la société Abrotec qui menait les travaux de forage et son ingénieur, poursuivi à titre personnel. L'instruction a montré des "manquements aux obligations réglementaires", selon le juge. L'OPH 93 n'a pas fait la demande, obligatoire, de renseignements préalables avant travaux et la société Abrotec n'a pas établi de déclaration d'intention de commencement des travaux.

Rémi Brancato a rencontré des anciens habitants au tribunal de Bobigny

L'avocate de l'ingénieur en charge des travaux, Isabelle Guttadauro, reconnait une part de la responsabilité de son client dans les faits. Mais elle met en avant "une succession** de négligences et de fautes"** pour expliquer l'accident. Selon elle "il n'est pas question que [son client] en porte la responsabilité seule."