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Faits divers – Justice

Un professeur accusé de violences sur un élève jugé en mars à Vienne : le tribunal le relaxe

mercredi 29 mars 2017 à 6:00 - Mis à jour le mercredi 12 avril 2017 à 9:40 Par Jacky Page, France Bleu Isère et France Bleu

L'enseignant, qui a comparu fin mars devant le tribunal correctionnel de Vienne pour violence sans incapacité sur un mineur de 15 ans par personne ayant autorité sur la victime, a finalement été relaxé.

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp - Alexandre Marchi

Vienne, France

Après avoir jugé cette affaire, fin mars, le tribunal correctionnel de Vienne s'était donné le temps de la réflexion. Ce mardi 11 avril, il a rendu son jugement et a décidé de relaxer l'enseignant, poursuivi pour violences sur un de ses élèves il y a un an et demi.

Rappel des faits évoqués lors de l'audience le 28 mars

Les faits s'étaient produits le 13 novembre 2015 dans un collège de La Chapelle-en-Vercors. Cet après-midi-là, le professeur d'arts plastiques donnait un cours à une classe de 28 élèves de 5e. Alors qu'il tournait le dos aux élèves, un taille-crayon lancé par l'un d'entre eux avait atterri près de lui. Les choses auraient alors dégénéré, le professeur fou furieux aurait saisi le supposé coupable par le col, l'aurait traîné au sol et lui aurait donné des coups de pied.

Les témoignages des enfants concordent

"Un taille crayon lancé, ce n'est pas bien, mais ce n'est pas non plus exceptionnel !" La présidente du tribunal a du mal à imaginer comment l'enseignant a pu perdre le contrôle pour si peu. Mais l'homme âgé de 53 ans, fort d'une longue carrière sans tache dans l'enseignement, qui postulait même pour la direction d’un établissement, dément tout acte violent. Il évoque une nécessaire autorité, indispensable pour éviter une escalade. "Ça commence par des gommes, et pour finir ce sont des ciseaux qui volent". Il concède simplement avoir tiré la chaise de l’élève de 13 ans qui refusait de se lever pour reconnaître sa faute, ce qui aurait eu pour effet de le faire tomber. Il l’aurait ensuite relevé en le soulevant par les aisselles.

L’ennui, c’est que les enfants entendus par les gendarmes s'accordent tous sur un scénario plus agressif. D’autres, présents avec leurs parents dans la salle d’audience, sont prêts à dire la même chose. La présidente doit rappeler des parents à l’ordre. L'avocate du prévenu, Maître Nathalie Farah, dénonce l’attitude de ces familles « qui sont là pour assister à la mise à mort de son client ».

Une peine de deux mois de prison avec sursis alors requise

L'enfant malmené ne s’est confié à sa mère qu'une semaine plus tard. Ce sont ses camarades qui en ont d'abord parlé dans leurs familles, jusqu’à ce que la représentante d’une association de parents d’élèves alerte le directeur du collège. Il n'y a pas eu de certificat médical, les coups ne peuvent être avérés, mais le procureur, qui croit déceler des accents de vérité dans les témoignages des enfants, estime que les faits sont constitués et demande une peine de deux mois de prison avec sursis.

Faut-il croire sur parole les collégiens ? Maître Farah en doute. Elle cite des lettres de collègues de son client, qui évoquent une classe difficile, testant les limites des profs. Il y aurait eu un précédent avec une enseignante accusée d'avoir frappé un élève dans une bousculade. Mais là des témoins adultes avaient pu démentir cette version. L'avocate fustige des élèves "solidaires dans les bêtises et la mauvaise foi". Elle demande donc la relaxe de son client. L’enseignant, qui avait été mis à pied dans un premier temps avant d’être réintégré en janvier 2016, est aujourd’hui en arrêt maladie. Il exerce un mandat électif dans une collectivité territoriale, et espère pouvoir reprendre le travail, en septembre, dans un autre établissement.