Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Un professeur de droit grenoblois veut mettre le citoyen au cœur de la lutte contre l'insécurité à Grenoble

-
Par , France Bleu Isère

Romain Rambaud est professeur de droit public à l'université de Grenoble. Pour lutter contre l'insécurité, il défend, pour Grenoble, l'idée d'un "groupe de participation citoyenne". Un dispositif où des habitants peuvent devenir les intermédiaires entre la population et la police.

Romain Rambaud, professeur de droit public à l'université de Grenoble, était l'invité de France Bleu Isère ce mardi matin, au lendemain du conseil municipal de Grenoble où des conseillers de l'opposition ont présenté ce dispositif de "participation citoyenne" pour lutter contre l'insécurité. Romain Rambaud répond aux questions de Nicolas Crozel. 

Tout d'abord votre regard à vous qui êtes observateur de la vie politique à Grenoble sur cette séquence : les vidéos de dealers du quartier Mistral, la passe d'arme entre le maire Eric Piolle et le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin, le sondage de l'avocat grenoblois Hervé Gerbi sur la violence, le conseil municipal de Grenoble hier soir. Est-ce qu'on n'est que dans la politique, dans la stratégie, ou est-ce qu'il y a un vrai malaise ? 

Romain Rambaud : Je pense qu'il y a un problème de sécurité à Grenoble. Le niveau du problème peut être discuté et il est très compliqué d'avoir une discussion sur les chiffres objectifs. Et en parallèle, il y a un débat politique avec des positions contradictoires sur le sujet. Je pense qu'il y a, effectivement, un jeu de postures. Mais mon propos est surtout de faire avancer les choses de façon concrète avec ce dispositif. 

Présentez-nous ce dispositif de groupe de participation citoyenne qui vise à améliorer la sécurité en faisant participer les habitant. Comment ça marche ?

La participation des citoyens à la sécurité publique et la prévention de la délinquance est un dispositif légal. Un dispositif gratuit, basé sur une circulaire de 2011, modifiée en 2019 et qui est déjà très utilisé sur le territoire puisqu'il y a 5700 communes en France qui l'ont adopté, dont 36 en Isère. Je vous donne des exemples en Isère : Gières, Saint-Martin-le-Vinoux, Meylan, Claix, Noyarey, Saint-Ismier, Tullins ou Vif . 

Ce sont des communes qui reflètent l'ensemble du spectre politique ?

Ce dispositif est totalement trans-partisan. En pratique, c'est un protocole qui est signé par le préfet, le maire et la police ou la gendarmerie. Et qui est à l'initiative du maire uniquement sur fondement de sa compétence en matière de sécurité. Il sert à faire participer les habitants désignés comme référents. Ils sont bénévoles et désignés par le maire. Leur rôle est de fournir des informations à la police et la gendarmerie. C'est en amont du 17 en quelque sorte.

En quelque sorte, c'est de la délation ?

Non ce n'est pas de la délation. La délation, c'est dénoncer quelqu'un dans un objectif mal intentionné. Ici, c'est un objectif de civisme. Les habitants deviennent acteurs de la sécurité. On essaie de développer une culture de la tranquillité publique. C'est un réseau de solidarité.

C'est comme les "voisins vigilants" ?

Non, ça n'a rien à voir. Voisins vigilants est un dispositif privé pris en charge par une entreprise contre rémunération. Alors que le dispositif dont je vous parle est légal, gratuit, à la disposition des maires, des préfectures, de la police et la gendarmerie. Ça sert à créer des réseaux de solidarité entre les habitants, à mieux faire circuler les informations pour prévenir les problèmes et de ne pas agir trop tardivement. Ça permet à la police et à la gendarmerie d'être davantage dans une culture du service public pour ne pas être dans le tout répressif.

Est-ce que ce n'est pas dangereux pour un citoyen par exemple d'être référent dans un quartier où c'est la loi du silence et de l'omerta ? 

Le dispositif de participation citoyenne n'a pas vocation à régler l'ensemble des problèmes de violence et de délinquances dans les quartiers. Ce n'est pas une baguette magique. Là où il y a des problèmes lourds, ça fonctionnera moins bien que sur des problèmes d'incivilité, d'intranquillité publique,ou d'infractions pénales peu graves de type tapage nocturne etc. En revanche, ça peut fonctionner pour les vols avec violence, comme cette fameuse affaire d'arrachage de colliers cet été que je connais bien puisque une de mes voisines en a été victime. Mais sur des problématiques plus lourdes, ça fonctionnera moins bien. 

Le maire de Grenoble n'a pas répondu pour l'instant à vos sollicitations. Mais votre dispositif a été présenté au conseil municipal hier soir, porté par Nathalie Béranger et Nicolas Pinel qui sont des co-listiers d'Alain Carignon. Est-ce que vous roulez pour Alain Carignon ? Est-ce vous avez été "récupéré" par Alain Carignon ? 

Non, pas du tout. Je ne roule absolument pas pour Alain Carignon. Je l'ai dit dès le départ, ma démarche est citoyenne et apolitique et elle a vocation à le rester jusqu'à épuisement des voies administratives. Et je ne pense pas non plus être récupéré. Les forces politiques sont libres de dire ce qu'elles veulent. Moi j'ai monté mon groupe citoyen, je ne suis pas responsable de ce que disent les co-listiers d'Alain Carignon. Ils ont leur liberté d'expression, ce n'est pas moi d'en juger. Mais à titre personnel, ma démarche n'est pas politisée . Et on va développer d'autres modalités d'action qui ne seront pas dans des canaux aussi politisés. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess