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Faits divers – Justice

Après la noyade de son étudiante à Reims, un professeur de natation condamné à 18 mois de prison

mardi 15 mai 2018 à 21:05 Par Victorien Willaume, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu Touraine et France Bleu

Pierre R., professeur de natation, a été condamné à 18 mois de prison ce mardi après-midi par le tribunal correctionnel de Reims. En janvier 2016, une étudiante en 2ème année de STAPS, en principe sous sa surveillance, s'était noyée pendant un exercice d'apnée dans une piscine de Reims.

Le professeur de natation était jugé pour homicide involontaire au tribunal correctionnel de Reims.
Le professeur de natation était jugé pour homicide involontaire au tribunal correctionnel de Reims. © Radio France - Sophie Constanzer

Reims, France

Pierre R., 56 ans, professeur de natation agrégé, était jugé pour homicide involontaire ce mardi après midi. Il a été condamné par le tribunal correctionnel de Reims à un an et demi de prison ferme, ainsi qu'à une interdiction d'enseigner dans le domaine de la natation.  Le tribunal n' a pas demandé de mandat de dépot. Pierre R. va pouvoir demander un aménagement de peine.

Le 19 janvier 2016, Marine, une étudiante en 2ème année de STAPS, et originaire d'Indre-et-Loire, s'était noyée pendant un exercice d'apnée à la piscine d'Orgeval de Reims. Le professeur n'avait pas remarqué que la jeune femme, normalement sous sa surveillance, n'était pas remontée à la surface.  

Lors de l'audience, le procureur de la République a pointé du doigt les nombreuses erreurs du prévenu qui ont conduit au drame. La surveillance du cours d'abord. Au moment du drame le prévenu n'était pas placé de manière à voir si Marine avait ou non un problème. Il n'a pas non plus compté les élèves pour vérifier s'il manquait quelqu'un à la fin de l'exercice. 

Des sms envoyés à sa maîtresse en plein cours

Pierre R. s'est aussi fait reproché d'avoir envoyé deux SMS à sa maîtresse en plein cours. "Vous aviez peut-être autre chose à faire à ce moment-là", a lancé le président du tribunal. L'exercice à l'origine de l'asphyxie de la jeune fille a aussi été dénoncé : l'apnée, avec la méthode d'hyperventilation (ndlr: qui sert à retarder l'envie de respirer) est un exercice interdit, et dont les dangers étaient en bonne partie inconnus du prévenu. 

"Après plus de 20 ans de métier, il y a une routine qui s'installe, des automatismes", a expliqué l'homme pour tenter de justifier son inattention.  D'un ton très calme il a reconnu des erreurs. "Je ne me vois pas enseigner à nouveau la natation. Je ne me remettrais jamais de ce drame et je tiens à m'excuser."

Ce procès a aussi permis à la famille de Marine de s'exprimer. Une famille tourangelle complètement brisée selon le frère de la jeune fille, qui a raconté à la barre, en larmes : "On n'est plus une famille. On n'arrive plus à se parler sans se crier dessus."