Faits divers – Justice

Un professeur tué par un élève dans un collège de Barcelone

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon lundi 20 avril 2015 à 11:40 Mis à jour le lundi 20 avril 2015 à 16:20

Le collège Joan Fuster à Barcelone
Le collège Joan Fuster à Barcelone © Anna Punsi / Cadena SER

Le jeune de 13 ans a tué l'enseignant avec une arbalète ce lundi 20 avril 2015 dans la matinée, au collège Joan Fuster, dans le quartier de la Sagrera. Il y aurait d'autres blessés.

Instants de terreur ce lundi matin vers 9h15 dans un collège de Barcelone. Un collégien a tué un professeur avec une arbalète , dans l'établissement Joan Fuster, situé dans le quartier de la Sagrera. Le jeune de 13 ans était en retard, il a tiré sur l'enseignante qui lui a ouvert la porte. Elle n'est que blessée.

Un autre professeur qui avait entendu les bruits a lui été tué alors qu'il voulait s'interposer . L'adolescent aurait aussi blessé d'autres élèves. Il a été maîtrisé par les policiers, l'établissement de 500 élèves a été évacué.

Selon la presse barcelonaise, le jeune homme avait avec lui une liste des personnes qu'il voulait tuer. Elèves comme professeurs.

Ce meurtre est "le premier dans un centre scolaire " depuis la fin de la dictature (1939-1975), a assuré lundi l'un des principaux syndicats de l'enseignement ANPE. L'adolescent "avait une arbalète et un couteau " , a raconté à l'AFP Maria, une élève de 13 ans.

Les cours venaient tout juste de commencer. "Il y eu des cris dans la classe d'à côté. Notre professeur est sorti dans le couloir pour voir. Nous avons entendu un bruit très fort. Nous sommes sortis (...) et nous avons vu le professeur à terre ", explique la jeune fille.

"Le professeur est sorti pour voir ce qu'il se passait, et là, le jeune l'a attaqué ". Une élève

Une autre élève confirme : le professeur de Sciences sociales est "sorti pour voir ce qu'il se passait, et à ce moment là, le jeune l'a attaqué ". Terrorisés, les collégiens ont tenté de s'abriter. "Nous nous sommes cachés derrière les tables et les chaises . M. (l'adolescent) est entré, a cherché G. (un élève de la classe) et l'a poignardé au thorax. Et il est ressorti de la classe comme si de rien n'était ", raconte encore Maria.

Les collégiens se sont alors barricadés, tandis que dans d'autres classes, les élèves ignoraient tout du drame. "On a mis les tables contre la porte " explique-t-elle, en précisant que la classe, dotée de vitres permettait de voir à l'extérieur. "Quand il a été loin, on a foncé jusqu'à la cour ", poursuit-elle.

Un adolescent passionné par les armes

Maria ne réalise toujours pas : "Quand tu le connais, tu ne peux pas imaginer qu'il puisse faire ça ", dit-elle. "Le seul truc un peu bizarre, c'est qu'il aimait tout ce qui était militaire, les armes. Il portait parfois des pantalons de camouflage militaires. Mais de là à faire ça... ". Le jeune suspect a été maîtrisé par les Mossos d'Esquadra (policiers catalans) et conduit à l'hôpital où il a été pris en charge par une unité de psychiatrie.

Agé de moins de 14 ans, il ne peut être tenu pour responsable des faits d'un point de vue pénal et devra être pris en charge par les services de protection de l'enfance de la région de Catalogne, a indiqué le parquet.

Parmi les quatre blessés, trois sont hospitalisés. Une enseignante, légèrement blessée a été soignée sur place. Le chef du gouvernement espagnol s'est dit "bouleversé " par le drame. Le ministre de l’Éducation Jose Ignacio Wert a exprimé dans un communiqué sa "consternation " face à ce drame.