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Faits divers – Justice

Un promoteur immobilier héraultais un peu trop proche de Robert Ménard, selon le Canard Enchaîné

mercredi 13 mars 2019 à 18:18 Par Stefane Pocher, France Bleu Hérault et France Bleu

Des liens très proches entre Robert Ménard et un important promoteur immobilier sont dénoncés par Le Canard enchaîné. L’opposition s'interroge sur de possibles conflits d'intérêts. À un peu plus d'un an des Municipales, le maire de Béziers dément toutes les accusations portées.

Vue sur la Cathédrale Saint-Nazaire de Béziers
Vue sur la Cathédrale Saint-Nazaire de Béziers © Radio France - Stéfane Pocher

Béziers, France

Dans son édition du mercredi 13 mars, Le Canard Enchaîné révèle l’entente qui existe depuis plusieurs années entre le maire de Béziers, Robert Ménard, et le promoteur immobilier Socri Reim. Ce groupe montpelliérain aurait, selon le journal, discrètement réglé plusieurs opérations de communication à la gloire du maire de Béziers. L’hebdo satirique met en lumière les possibles relations entre l’élu et ce promoteur immobilier. Rien d’anormal, sauf que le groupe aurait décroché plusieurs marchés publics.

Le groupe Socri Reim décroche les Galeries Lafayette

Le groupe Socri Reim, qui a notamment construit l’immense centre commercial Polygone (2010) à Béziers, qui est aussi propriétaire du Polygone de Montpellier, a décroché en 2016 l’appel d’offres des Galeries Lafayette. Le Canard reproche au maire de Béziers d’avoir fait financer certaines prestations au cours d'une soirée du 9 mars 2017. À mi-mandat, l’élu organise au Palais des Congrès un meeting. 700 invités présents. Robert Ménard y annonce en grande pompe vouloir briguer un nouveau mandat.

Projection d’un film de quatre minutes sur grand écran et distribution d’une plaquette. L'élu y détaille sa vision de la ville en 2030. Les grands travaux à venir. Pour Robert Ménard, tout cela n’est pas de la communication politique, mais de la promotion de la ville de Béziers. 

"Socri est un gros partenaire" dit le maire de Béziers. "Il n’y a rien d’illégal. Mon nom n’est pas mentionné une seule fois dans le film. Pour la plaquette, elle a été financée dans le cadre d’un marché public de dynamisation du centre-ville confié à Socri en 2015"

Une prestation à plus de 25.600 euros

Tout est marqué du sceau de la ville, mais ces deux prestations n’auraient pas été réglées par l’élu, ni la municipalité. La facture de plus de 25.600 euros aurait été payée par une société privée dont le nom n’apparaît jamais. À aucun moment dans ce film de 4’17’’, le maire de Béziers n’est cité ni n’apparaît. Une vidéo toujours en ligne sur le site de la mairie et utilisée régulièrement depuis par Socri Reim pour promouvoir ses activités à Béziers.

Si cette plaquette a bel et bien été réalisée par Socri Reim, ce fut dans le cadre d’un marché public rappelle la ville. Plusieurs opérateurs ont répondu, en mars 2015 (mission de conseil et d'assistance sur la redynamisation du centre-ville). Socri Reim a remporté ce marché aux côtés du cabinet de conseil Bérénice et de l’agence immobilière biterroise Via Sud. Une plaquette valorisant Béziers a donc bien été financée par la Mairie de Béziers indique le communiqué.

Depuis 2015, cette plaquette a été rééditée, en concertation avec la direction de la communication de la Ville, réimprimée et utilisée, tant par Socri Reim ou par l'agence Via Sud (avec l’autorisation de la Ville) que par la municipalité elle-même.

Alors, conflit d’intérêts ou pas ? Le Canard enchaîné rappelle que Socri Reim a décroché en 2016 l’appel d’offres lancé par la ville pour les Galeries Lafayette. Cette société créée par Nicolas Chambon négocierait par ailleurs avec Robert Ménard la création de deux hôtels, la réalisation d’un complexe avec un golf pas loin des neuf écluses de Fonseranes et la réfection d’un parking.

Entre les deux hommes des liens très proches explique l’hebdo

Dans un communiqué, la ville de Béziers précise que la Socri n'a jamais été partenaire de la ville. 

"Socri Reim n’est en rien le premier bétonneur de la ville."

"En fait, depuis l’élection de Robert Ménard en mars 2014, pas un litre de béton n’a été coulé, pas une brique n’a été posée, pas un clou n’a été planté par Socri Reim à Béziers. La seule construction jamais réalisée par le groupe à Béziers a été celle du Polygone, dont il a toujours été l’unique investisseur et gestionnaire. Un centre commercial ouvert… en 2010. Le maire de l’époque s’appelait Raymond Couderc. Depuis, plus rien !"

Dans un communiqué la ville de Béziers précise que la Socri  L'élu communiste n'est pas surpris. "Dès son élection, nous nous sommes aperçus que Robert Ménard avait repris les mêmes contacts qu'avait Raymond Couderc (son prédécesseur), avec les promoteurs immobiliers de la ville de Béziers et des alentours. La commune a racheté, avec l'argent du contribuable, les Galeries Lafayette.

La ville a même investi dedans, en achetant un groupe électrogène d'un montant de 180.000 euros alors que normalement, la ville n'aurait jamais dû investir. Il ne parait pas étonnant que le maire ait demandé à ces entreprises (notamment la SOCRI) de financer sa campagne électorale ou du moins pour préparer les futures élections de 2020".

"Ce rapprochement entre les deux Hommes n'est pas illégal, mais si le groupe SOCRI a financé cette vision de Béziers en 2030, il peut y avoir conflit d'intérêt"dit Aimé COUQUET (élu d’opposition)

"Les liaisons avec les hommes d'affaires risquent, à un moment, de poser problème" rajoute Aimé Couquet. "On a l'impression que Robert Ménard lui même, qui disait-être en dehors de tout cela, ne se contrôle pas trop dans ce domaine-là". 

"S'il est pris  la main dans le pot de confiture, nous verrons bien la suite".

Même réaction de Pascal Resplandy, élu d'opposition à Béziers (sans étiquette/anciennement Les Républicains), candidat aux prochaines élections. "Nous l'avions déjà dénoncé à l'époque de l'attribution des Galeries Lafayette. Nous nous interrogeons sur les contreparties du financement des prestations mentionnées par le Canard enchaîné. Pourquoi cette grande messe au Palais des Congrès en mars 2017 pour nous vanter un Béziers 2030, c'est-à-dire juste avant la candidature de sa femme Emmanuelle Ménard (députée élue) juste avant les élections législatives. Je m’interroge sur toutes les relations financières qui peuvent exister entre Monsieur Ménard et les promoteurs en général sur la ville".

"J'ai l'impression que Robert Ménard a livré la ville à des tractations de promoteurs" dit Pascal Resplandy

Le socialiste Jean-Michel Duplaa assure lui aussi qu'il existe un partenariat important entre la ville de Béziers et la SOCRI. 

"C'est étrange de voir la SOCRI prendre à sa charge les actions promotionnelles de la ville" rajoute l'élu d’opposition Jean-Michel Duplaa

Pour les accusations portées sur les Galeries Lafayette, Robert Ménard précise n'avoir eu aucun contact avec Socri Reim avant son élection. "Il n’y avait aucune entente à consolider. Bien au contraire". Candidat, Robert Ménard a fait campagne contre l’impact négatif du centre commercial Polygone sur le centre-ville !

Quant à la reprise des Galeries Lafayette, elle est réalisée dans le cadre d’une consultation publique – offre la mieux disante pour la Ville – à la fin 2015. La Ville exige alors des deux candidats à cette reprise le maintien de l’enseigne et la reprise de tous les salariés. Le groupement constitué de Socri Reim et de Planet Indigo l’emporte. Ils reprennent donc un magasin qui perdait plus d’un million d’euros par an, évitent la fermeture du navire amiral du centre-ville et sauvent plus de 40 emplois.