Faits divers – Justice

Un rassemblement contre la violence à Oloron-Sainte-Marie

Par Axelle Labbé, France Bleu Béarn mardi 24 janvier 2017 à 20:28

Une quarantaine de personnes se sont rassemblées à Oloron pour dénoncer la violence dans la ville
Une quarantaine de personnes se sont rassemblées à Oloron pour dénoncer la violence dans la ville © Radio France - Axelle Labbé

Une quarantaine de personnes se sont rassemblées mardi matin devant la mairie d'Oloron pour soutenir Marie Essimi. Cette mère de famille avait lancé ce week-end un appel sur sa page facebook après l'agression de son fils à la sortie d'un bar de la ville vendredi soir.

Vendredi soir, le fils de Marie Essimi, Ullrich, est sorti boire un verre dans un bar d'Oloron. Il est rentré à deux heures du matin, "il se tenait le visage entre les mains, il était tellement gonflé, plein de sang, que je ne l'ai pas reconnu" raconte sa mère. Elle l'emmène à l'hôpital, et part travailler à 6 heures. "Pendant ma pause, j'ai posté la vidéo sur facebook", explique-t-elle. Une vidéo qui compte ce mardi plus de 9000 vues, dans laquelle elle dit "déclarer la guerre" aux agresseurs de son fils.

Ullrich a été agressé par au moins deux personnes, qui s'en seraient pris avant lui à un autre homme qui circulait à vélo dans la rue. Les gérants du bar Music'Oloron ont vu la scène, se sont eux qui ont appelé pompiers et gendarmes.

On se promène dans la rue le soir, c'est course-poursuite et compagnie. Et pas une seule voiture de police - Une Oloronaise

Une quarantaine de personnes ont donc répondu à l'appel de Marie Essimi ce mardi matin. Ils se sont retrouvés devant la mairie, pour dire leur ras le bol de la violence. "On se promène dans les rues le soir, c'est course poursuite et compagnie, raconte une oloronaise. Il n'y a pas une seule voiture de police, rien. Personne. On en est réduit à faire notre propre justice, et la violence engendre la violence".

Une autre habitante renchérit : "c'est quand même dingue de sortir et de se demander si nos enfants ne sont pas en danger. Ce n'est pas de la vidéo-surveillance qu'il nous faut, ce sont des gendarmes sur le terrain". "Surtout à Oloron! reprend sa voisine. On est quand même dans une petite ville, tout le monde connait tout le monde, on devrait pouvoir sortir avec les enfants".

Les Oloronais racontent les violences et incivilités dont ils sont victimes au quotidien

Un jeune homme, âgé de 18 ans, raconte qu'il vit ici depuis 5 ans. "Et c'est la troisième fois que je me fais agresser, dit-il. C'est quand même assez chaud de vivre ici. Faut surtout pas sortir la nuit, il y a des racailles partout. Autant se défendre nous même si la justice ne fait rien".

Oloron n'est pas Chicago - Hervé Lucbéreilh, le maire d'Oloron

Le maire d'Oloron, commune de 10 000 habitants, était présent au rassemblement pour soutenir la famille. Hervé Lucbéreilh assure "qu'Oloron n'est pas Chicago", mais rappelle il va créer prochainement une police municipale et mettre en place des caméras de vidéo-surveillance.

Je n'ai pas peur. On va les harceler. Ce sont eux qui vont avoir peur de nous - Marie Essimi

Marie Essimi veut maintenant créer une association, et mettre en place un numéro de téléphone pour faciliter les démarches auprès des gendarmes et soutenir les victimes d'agressions : "on ne veut plus avoir peur. On va les harceler maintenant. Ce sont eux qui vont avoir peur de nous. On va devenir des délateurs, mais pour une bonne cause. C'est tous ensemble qu'on va combattre ces gens là. Mais on ne va pas les combattre avec des barres de fer. On va aider les gendarmes à faire leur boulot. Parce qu'ils le font. Mais si les gens ne témoignent pas parce qu'ils ont peur, ce sont les délinquants qui vont gagner".

Marie Essimi veut créer une association