Faits divers – Justice

Un routier dit avoir parlé au terroriste de Berlin sur une aire d'autoroute entre Limoges et Brive

Par Nicolas Blanzat, France Bleu Limousin, France Bleu Périgord et France Bleu mardi 27 décembre 2016 à 16:51

L'homme était en cavale depuis l'attentat commis à Berlin le 19 décembre.
L'homme était en cavale depuis l'attentat commis à Berlin le 19 décembre. © AFP - John Macdougall

Un chauffeur routier dit avoir parlé avec Anis A sur une aire de l'autoroute A20 entre Limoges et Brive, dans la soirée du mercredi 21 décembre. Ce transporteur roumain, salarié d'une entreprise espagnole, l'affirme au journal El Mundo.

Anis A est-il passé en Limousin dans sa cavale après l'attentat de Berlin, lundi 19 décembre, qui a fait 12 morts ? Si on sait que l'auteur présumé de l'attaque sur le marché de Noël a fait étape à Lyon, comme le confirme la vidéosurveillance de la gare de Part-Dieu, on ne connaît pas encore précisément le trajet qu'il a pris pendant sa fuite avant d'être abattu à Milan, vendredi 23.

"Il m'a demandé où était l'autoroute vers Lyon"

Un chauffeur routier roumain, salarié d'une entreprise espagnole, affirme au quotidien El Mundo qu'il a parlé à Anis A sur une aire de l'autoroute A20, entre Limoges et Brive. La rencontre aurait eu lieu mercredi 21 décembre vers 22h45 sur l'aire du Puy de Grâce, en Corrèze."J’étais dans mon camion et lui était dehors", raconte le camionneur au journal espagnol. "Il est arrivé très calmement à ma porte et m'a demandé où était l'autoroute vers Lyon. Je lui ai proposé de regarder sur mon GPS mais il a refusé et est parti", poursuit-il, en donnant quelques éléments sur son interlocuteur. "Très soigné, rasé de près, avec un pull blanc en laine. Il parlait français avec un accent italien et il est parti en me disant 'Ciao'."

"Il ressemblait plus à un touriste qu'à un terroriste"

L'auteur présumé de l'attentat de Berlin serait alors remonté dans son véhicule avant poursuivre son chemin. "Il n’avait pas l’air de bien connaître le pays. Il avait l’air nord-africain, il ressemblait plus à un touriste qu’à un terroriste ou un fugitif. Quelqu’un doit l’avoir aidé pour qu’il ait cet air-là", estime le chauffeur routier qui s'est rendu compte, plus tard, qu'il avait peut-être parlé à l'homme le plus recherché d'Europe. Il aurait alors tenté de contacter les autorités allemandes, sans succès, avant d'appeler la police française, qui aurait enregistré son témoignage.