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Un surveillant du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan jugé coupable de violences sur des détenus

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Par , France Bleu Gascogne

Un surveillant du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan a été condamné jeudi 19 novembre à 4 mois d'emprisonnement avec sursis et à une indemnisation ses victimes à hauteur de quelques centaines d'euros. On lui reproche des violences sans incapacité de travail sur trois détenus en décembre 2018.

Le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan
Le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan © Radio France - France Bleu Gascogne

"Je ne savais plus comment les gérer, j'étais à bout", déclare le surveillant de prison à la barre. C'est ainsi que le quinquagénaire, dans l'administration pénitentiaire depuis 1992, justifie les faits de violence qui lui sont reprochés. Il les reconnait d'ailleurs dans leur intégralité : oui, il a attrapé deux détenus par leurs habits et oui, il en a poussé un troisième un peu violemment dans sa cellule en faisant mine de lui écraser le pied. 

"Avant 2012, j’étais un bon surveillant", déclare le prévenu, trapu, les mains rentrées dans les poches de son jogging.  Mais depuis cette année-là, les relations du surveillant se dégradent, tant avec sa hiérarchie qu'avec les détenus. Sanctions disciplinaires, mises à pied... son comportement pose problème au sein de l'administration pénitentiaire. Les détenus d'origine maghrébine, eux, signalent des insultes racistes de plus en plus nombreuses, allant jusqu'à faire une pétition, qui récolte 56 signatures. La descente aux enfers a commencé, les insultes fusent en permanence entre le surveillant et les détenus, qui reconnaissent d'ailleurs leurs provocations, pour ceux présents à l'audience.

Un cochon en plastique pour réveiller les détenus

En 2017, les problèmes vont plus loin que les insultes habituelles. Le quinquagénaire emmène au centre pénitentiaire un cochon en plastique, qui grogne quand on lui appuie dessus. Il s'en sert pour réveiller les détenus de confession musulmane. Un événement qui n'arrive qu'une seule fois, selon le surveillant : "Un détenu n'arrêtait pas de m'insulter, alors j'ai trouvé cette solution du cochon et je l'ai réveillé avec ça un matin", tente-t-il maladroitement de se justifier. Les trois détenus victimes des violences, présents à l'audience, parlent, eux, de faits récurrents. 

Plusieurs collègues du centre pénitentiaire témoignent avoir entendu des rumeurs sur ce cochon et pointent l’attitude parfois limite du surveillant. D'autres au contraire le défendent : "C'est un vieux de la vieille, avec les méthodes d'un vieux de la vieille."

Le surveillant aurait aussi rédigé des compte-rendu d’incident, alors qu'il n’avait pas le droit de le faire. Il se justifie : les détenus en profitaient pour le pousser à bout. Le surveillant emprunte alors les codes d’un collègue et modifie les faits en sa faveur. 

"Un Donald Trump des coursives" 

Les avocats des partis civiles soulignent tous les deux le rôle d'un surveillant de prison, chargé de faire en sorte que le séjour pénitentiaire ne soit pas un enfer. Ils rappellent aussi le contexte : les problèmes sont nombreux et durent depuis longtemps. "Pour une fois aujourd'hui, c'est la voix des détenus qui a pu être entendue, et ça n'arrive pas souvent", note Maître Gachie, avocat d'un des détenus. "On va attendre quoi ? qu'un détenu pète un câble et qu'il réponde physiquement ?", poursuit-il.

Le procureur, Olivier Janson, revient quant à lui sur l'expertise psychologique du surveillant de prison, décrit comme un homme en souffrance dans son travail mais aussi psychorigide. "C'est une sorte de Donald Trump des coursives, avec une vision décalée de la réalité, la sienne, et qui n'en envisage pas d'autre valable." 

L'avocat du prévenu tente quand même de demander la relaxe, rappelant que ce sont des faits qui sont jugés et non un contexte. Peine perdue : la juge condamne le surveillant à 4 mois de prison avec sursis, à une amende de quelques centaines d'euros à verser aux détenus victimes des violences et à une inscription au casier judiciaire. Or, le casier judiciaire d'un surveillant de prison doit être vierge pour qu'il puisse travailler... L'homme ne devrait donc plus pouvoir exercer sont métier. 

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