Faits divers – Justice

Un surveillant pris en otage par un détenu radicalisé à la maison d'arrêt de Dijon

Par Denis Souilla et Philippe Renaud, France Bleu Bourgogne et France Bleu vendredi 4 novembre 2016 à 20:06 Mis à jour le vendredi 4 novembre 2016 à 22:29

La prise d'otage a débuté vers 18h20 vendredi soir à la maison d'arrêt de Dijon
La prise d'otage a débuté vers 18h20 vendredi soir à la maison d'arrêt de Dijon © Radio France - Philippe Renaud

Un détenu a retenu en otage un surveillant à la maison d'arrêt de Dijon (Côte-d'Or) vendredi soir. Les policiers du Raid se sont déplacés pour négocier. L'agresseur, "fortement radicalisé", disposait d'une lame de rasoir. La prise d'otage s'est terminée vers 22 heures sans faire de blessé.

Un détenu a retenu en en otage un surveillant de la maison d'arrêt de Dijon (Côte-d'Or) de 18h20 environ à 22 heures, vendredi soir, a annoncé le ministère de la Justice dans un communiqué. Pour négocier avec le détenu, des policiers du Raid et de l'Équipe régionale d'intervention et de sécurité (Eris) étaient présentes. L'agresseur disposait d'une arme blanche qu'il a maintenue tout au long de la soirée sur le cou du gardien. Il demandait un transfèrement vers un autre établissement pénitentiaire.

Un acte prémédité ?

La prise d'otage a débuté aux alentours de 18h20, selon le ministère de la Justice. C'est "au moment de la prise du repas", selon Thierry Cordelette, secrétaire régional du syndicat pénitentiaire UFAP, que le détenu a placé une lame de rasoir sur le cou du surveillant. S'en sont suivies "de longues heures de négociation menées par un médiateur de l'Équipe régionale d'intervention et de sécurité (Eris)". Les policiers du Raid sont arrivés vers 21h10, venus depuis Lyon, mais la négociation avait déjà été menée à son terme. Ceux-ci n'ont donc pas eu à intervenir.

"La prise d'otage a eu lieu à la fin de la distribution du repas, donc était préméditée apparemment"

— Thierry Cordelette, secrétaire régional du syndicat pénitentiaire UFAP

Le détenu disposait d'une lame de rasoir sous le cou du surveillant

Le détenu était "fortement radicalisé" et a obtenu son transfèrement

Le détenu était armé d'une lame de rasoir et n'a pas blessé le surveillant. Selon Thierry Cordelette, l'agresseur serait âgé d'une vingtaine d'années et a été placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Dijon en septembre dans le cadre d'une procédure criminelle pour "vol par effraction" sans rapport avec des faits de terrorisme. Ce détenu, pas fiché S, était "fortement radicalisé" et a fait allusion aux attentats du Bataclan "sans bouger d'un centimètre sa lame de rasoir". Lors de la négociation, le détenu a demandé son transfèrement, "ce qu'il va obtenir" explique Thierry Cordelette, secrétaire régional du syndicat pénitentiaire UFAP.

"C'est un détenu fortement radicalisé, pas forcément fiché S. À part avoir fait l'apologie du terrorisme, notamment sur les événements du Bataclan, derrière tout ça, il demandait son transfert sur une autre maison d'arrêt. Il a quand même fait allusion aux attentats du Bataclan fait 'par les frères d'Allah' selon lui."

— Thierry Cordelette, secrétaire régional du syndicat pénitentiaire UFAP

Sous la menace d'une lame de rasoir

Le gardien est âgé d'une trentaine d'années, un "surveillant expérimenté qui a beaucoup de sang-froid mais qui n'a vraisemblablement jamais été confronté à ce type de situation", selon le secrétaire régional du syndicat UFAP. Le gardien s'en sort donc indemne physiquement après cette agression mais, très choqué, il a été pris en charge vendredi soir par une cellule d'aide psychologique.

"C'est un grand soulagement. Notre collègue n'est pas blessé mais très choqué."

— Thierry Cordelette, secrétaire régional du syndicat pénitentiaire UFAP

Le Raid n'a pas eu à intervenir dans la négociation

Une cellule de crise était en place depuis le début de soirée

Un dispositif de crise a été mise en place dès le début de l'agression. Autour du directeur de la maison d'arrêt de Dijon se sont réunis le directeur régional de l'administration pénitentiaire, la procureure de la République de Dijon, la directrice de cabinet du préfet de Côte-d'Or, le directeur de la Direction Départementale de la Sécurité Publique (DDSP) de Côte-d'Or et des représentants des Équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris). Peu avant 21 heures, deux véhicules du Samu étaient également arrivés au sein de la maison d'arrêt de Dijon.

Retour sur les faits vendredi soir

22h05 - Fin de la prise d'otage, pas de victime

La prise d'otage est terminée - Radio France
La prise d'otage est terminée © Radio France - Philippe Renaud
La prise d'otage est terminée. Il n'y a pas de victime. - Radio France
La prise d'otage est terminée. Il n'y a pas de victime. © Radio France - Philippe Renaud

21h18 - Les policiers du Raid sont sur place

Les policiers du Raid sont venus depuis Lyon - Radio France
Les policiers du Raid sont venus depuis Lyon © Radio France - Philippe Renaud

20h47 - Le Samu arrive à la maison d'arrêt de Dijon

Le Samu est sur place à la maison d'arrêt de Dijon - Radio France
Le Samu est sur place à la maison d'arrêt de Dijon © Radio France - Philippe Renaud

20h15 - Des personnels de l'Équipe régionale d'intervention et de sécurité (Eris) sur place pour négocier avec le détenu

Des personnels des Équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris) étaient sur place pour négocier avec le détenu - Radio France
Des personnels des Équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris) étaient sur place pour négocier avec le détenu © Radio France - Philippe Renaud

19h35 - Une cellule de crise mise en place à la maison d'arrêt de Dijon

Une cellule de crise a été mise en place vendredi soir à la maison d'arrêt de Dijon - Radio France
Une cellule de crise a été mise en place vendredi soir à la maison d'arrêt de Dijon © Radio France - Philippe Renaud
  - Radio France
© Radio France - Philippe Renaud

19h30 - Le communiqué du ministère de la Justice

  - Aucun(e)
-
Dijon, en Côte-d'Or - Visactu
Dijon, en Côte-d'Or © Visactu -