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Un Tourangeau risque 15 ans de prison pour avoir étouffé un client ivre en tentant de le maîtriser dans un bar de Tours

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Touraine, France Bleu

Les jurés des assises de Tours doivent statuer, depuis ce mardi, sur une affaire hors du commun : un homme de 46 ans est poursuivi pour avoir causé la mort d'un militaire ivre, dans un bar de Tours, en 2011. Il a étouffé la victime en voulant simplement la maîtriser jusqu'à l'arrivée des policiers.

Le premier procès de cette session de cour d'assises dure deux jours. Le verdict est attendu dans la soirée du mercredi 20 septembre
Le premier procès de cette session de cour d'assises dure deux jours. Le verdict est attendu dans la soirée du mercredi 20 septembre © Radio France - Boris Compain

C'est l'histoire d'un incroyable gâchis qui est examiné depuis mardi matin par la cour d'assises d'Indre-et-Loire. Romuald Rouziès, un tourangeau de 46 ans, est poursuivi pour avoir causé la mort d'Antoine Chaigneau, en août 2011, dans un bar de la rue Colbert, à Tours. La victime était ivre et menaçante. Romuald Rouziès, simple client, a tenté de la maîtriser en attendant la police, mais il l'a étouffé accidentellement. Il est donc poursuivi pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Une prise d'étranglement mal faite a conduit à la mort par étouffement

Avec plus d'1,7 gramme d'alcool dans le sang, Antoine Chaigneau, un militaire de 22 ans jusqu'ici sans histoire est très agité lorsqu'il s'approche d'un homme au comptoir pour discuter. Cet homme qu'il ne connait pas, c'est Romuald Rouziès. Comme le militaire tient des propos incohérents, il le repousse, mais quelques secondes plus tard, quand le militaire se met à pleurer et à frapper contre une porte, il se lève tout de même pour tenter de le calmer. Antoine tombe. Romuald accompagne sa chute pour qu'il ne se blesse pas.

Il le porte ensuite par la ceinture jusqu'à l'extérieur du bar, puis lui jette son sac. Un sac qui, volontairement ou non, frappe le militaire en pleine figure. Antoine Chaigneau se relève en furie. Il enlève sa ceinture et la fait tournoyer en l'air. Une cliente est touchée à la tête. Puis il rentre dans le bar et se retrouve face à Romuald Rouziès et une serveuse.

Le client coince la tête du militaire sous son aisselle. Un témoin lui dit de ne pas serrer trop fort. Romuald affirme que ce n'est pas le cas. Quand la police arrive, 4 minutes plus tard, le visage du militaire est bleu : personne ne l'avait vu s'étouffer. Selon les experts, si cette position d'étranglement est mal faite, il n'y a pas besoin de serrer très fort pour asphyxier quelqu'un.

La famille de la victime s'est battue pour obtenir un procès aux assises

Dans un premier temps, la justice avait décidé de renvoyer Romuald Rouziès en correctionnelle pour homicide involontaire. Insuffisant, pour la famille de la victime. Elle a fait appel, et eu gain de cause. Romuald Rouziès se retrouve en cour d'assises, poursuivi pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Une distinction très importante pour la famille d'Antoine Chaigneau, comme l'explique son avocat, Maître Sérégé

"Un homicide involontaire, c'est lorsque, par exemple, vous conduisez un véhicule, vous téléphonez, vous êtes distrait, vous ne voyez pas un piéton qui traverse, vous le renversez et vous le tuez. C'est-à-dire que l'acte de violence commis par la voiture et le conducteur n'est pas un acte volontaire. En revanche, lorsque Monsieur Rouziès maintient une prise d'étranglement, c'est un acte volontaire, et c'est cet acte-là qui va entraîner la mort. Ca n'est pas un accident". Maître Sérégé, avocat de la famille de la victime

Aux assises, Romuald Rouziesse risque jusqu'à 15 ans de prison. Même si il est condamné à une peine avec sursis, une condamnation en cours d'assise est plus stigmatisante qu'une peine décidée en correctionnelle.

Selon Maitre Dridi, c'est une situation surréaliste, et un énorme gachis

"Mon client est également une victime dans ce dossier. C'est lui qui se fait agresser. C'est lui qui doit se défendre. C'est lui qui défend la serveuse et les autres clients, et c'est lui qui se retrouve devant la cour d'assise". Maître Fourat Dridi, une des deux avocats du prévenu

Le verdict sera rendu mercredi soir.

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