Faits divers – Justice

Un trafic de bébés jugé à Marseille

Par Marina Cabiten, France Bleu Provence mardi 7 avril 2015 à 7:37

Un trafic de bébés devant le tribunal - illustration
Un trafic de bébés devant le tribunal - illustration © MaxPPP

Dix personnes comparaissent mardi et mercredi devant le tribunal correctionnel de Marseille, pour un trafic de bébés roms. Parmi les prévenus, des vendeurs et des acheteurs.

C'est en août 2013 que ce réseau de vente de nourrissons roms avait été découvert. Ce mardi, dix personnes comparaissent à Marseille pour traite d'êtres humains sur personnes vulnérables. Quatre Roumains, soupçonnés d'être les organisateurs du trafic, sont en détention provisoire et risquent jusqu'à 10 ans de prison.

8.000 euros et une BMW

L'un d'eux est soupçonné d'avoir négocié la vente de son propre enfant. Selon l'enquête, deux autres nouveau-nés ont été remis contre 10.000 euros à des couples appartenant à la communauté des gens du voyage. Dans son ordonnance, la juge d'instruction Cathy Escola évoque "un réseau particulièrement bien organisé" . "Une fois qu'un accord sur le prix était trouvé, le nécessaire était fait pour acheminer les femmes enceintes de Roumanie jusqu'en France - lesquelles appartenaient toutes à la même famille - pour organiser leur prise en charge jusqu'à leur accouchement" et les exfiltrer immédiatement après, indique l'ordonnance.   

Un couple d'Avignon, appartenant à la communauté des gens du voyage et semi-sédentarisé, a reconnu avoir été démarché par les vendeurs à l'occasion d'une rencontre évangéliste à Marignane. Ils avaient remis 8.000 euros et un véhicule BMW pour acquérir un petit garçon né le 21 juillet 2013 à l'hôpital Nord à Marseille. C'est ce cas qui a déclenché l'enquête.      

Un nombre indéterminé de bébés vendus ------------------------------------- Un autre nourrisson, né le 31 mai 2013 à Ajaccio, avait également été négocié. L'enquête a permis d'établir que deux autres transactions avaient échoué, l'une en raison du refus de la mère de céder son enfant, l'autre à cause du début de la médiatisation de l'affaire. La juge d'instruction ajoute que* "la facilité déconcertante avec laquelle les ventes d'enfants étaient décidées, laisse à penser que bien d'autres transactions ont en réalité existé"* , notamment en comparant, pour certaines femmes roumaines identifiées, le nombre de leurs grossesses avec celui de leurs enfants.    L'un des vendeurs s'est défendu des accusations assurant qu'il s'agissait **de *"dons"* , de ** ***"cadeaux"** * et qu'il avait été malheureux à l'idée de céder un enfant qu'il ne pourrait pas nourrir.