Faits divers – Justice

Un viticulteur de Landiras condamné à 12 mois de prison avec sursis pour escroquerie et tromperie sur la qualité

Par Pauline Pennanec'h, France Bleu Gironde et France Bleu jeudi 14 janvier 2016 à 20:24

Palais de Justice de Bordeaux
Palais de Justice de Bordeaux © Radio France

Un viticulteur de Landiras a été condamné ce jeudi à 12 mois de prison avec sursis pour escroquerie et tromperie sur la qualité de son vin. Entre 2010 et 2012, il s'était enrichi de subventions de l'Union Européenne.

Ce viticulteur du Sud-Gironde comparaissait devant le tribunal de Bordeaux ce jeudi 14 janvier. Il a été reconnu coupable d'escroquerie envers France Agrimer, l'Établissement national des produits de l'agriculture. Il a aussi été condamné pour tromperie sur la qualité de son vin par l'Institut National de l' Origine et de la qualité. Ils s'étaient porté parties civiles au procès. 

"Je produis des vins de haute qualité" explique le vigneron à la barre. Face aux juges, il explique comment fonctionne sa petite entreprise, qu'il lance en 2010. Le viticulteur vend son vin Liber Pater à de riches particuliers étrangers... aujourd'hui à 4000 euros la bouteille ! Exceptionnel pour un vignoble de  six hectares. "Vous êtes vraiment un pro du marketing !" rétorque la juge.

592 000 euros d'aides détournées

Son chiffre d'affaire devient exponentiel au moment où il touche des subventions européennes : 592 000 euros. C'est pour effectuer sa promotion en Russie, en Chine, au Brésil. Problème : il n'a pas effectué tous les voyages. Un film promotionnel devait paraître, financé par les subventions : il ne verra jamais le jour.

Pour les parties civiles, le vigneron détient la poule aux œufs d'or : il produit de fausses factures, ne respecte pas les techniques de vinification. Face à l'accusation, l'avocat de la défense plaide le talent fou de son client, reconnu dans le milieu : "C'est un pied nickelé complet sur le plan administratif, mais cela en fait-il un escroc ?" Selon lui le vigneron s'est entouré de gens malhonnêtes qui voulaient lui faire mordre la poussière.

Finalement l'homme est condamné à 12 mois de prison avec sursis avec une amende de 30 000 euros dont 20 000 euros avec sursis. Il devra rembourser AgriMer la somme qu'il lui reste à rembourser, soit 232 000 euros.

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