Faits divers – Justice

Un zadiste du Golf de Villenave-d'Ornon rejugé par la Cour d'appel de Bordeaux

Par Pauline Pennanec'h, France Bleu Gironde mercredi 2 novembre 2016 à 18:51

La salle des pas perdus du palais de justice de Bordeaux
La salle des pas perdus du palais de justice de Bordeaux © Radio France

La Cour d'appel de Bordeaux rendra sa décision le 14 décembre prochain dans l'affaire du zadiste de Villenave-d'Ornon. Ce militant écologiste de 40 ans avait été condamné en première instance à 6 mois de prison avec sursis pour violences en réunion avec arme.

Ce militant écologiste avait lancé de la terre sur un conducteur d'engin, sur le chantier de construction du golf de Villenave d'Ornon. Les faits s'étaient déroulés en juin dernier, lors d'un rassemblement d'opposants à ce projet de golf immobilier en bord de Garonne, dans une zone protégée, classée natura 2000. Il avait écopé de six mois de prison avec sursis en première instance.

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Ce mercredi, les débats se sont concentrés sur la chronologie des faits : qui a mis en danger qui dans cette affaire ? Est-ce ce militant écologiste qui a jeté des mottes de terre sur le conducteur de la pelleteuse, ou est-ce le conducteur qui a paniqué en voyant les militants l'encercler, et a décidé de foncer sur les neuf militants ? Le conducteur de l'engin n'était pas présent à l'audience. Lors des faits, il avait expliqué avoir manœuvré sa machine pour échapper à ses "assaillants", pris de peur.

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"C'était un geste instinctif"

Le président Michel Regaldo Saint-Blancard pointe les deux versions contradictoires, rappelant que la victime a été blessée physiquement, qu'elle a subi un choc. Le prévenu reconnait les faits, et lui répond : "C'était un geste instinctif lorsque j'ai vu l'engin foncer sur nous. Je suis désolé qu'il soit traumatisé mais c'était quand même une machine blindée !" Il se retourne, adresse un regard à la vingtaine de zadistes venus le soutenir.

L'avocate générale requiert la confirmation de la peine prononcée en première instance. Selon son avocat Maître Galinat, il manque des éléments dans le dossier. Le prévenu aurait déposé plusieurs plaintes, jamais traitées. Il demande donc la relaxe. La décision sera rendue le 14 décembre prochain.