Faits divers – Justice

Une deuxième affaire de trafic de subutex bientôt jugée en Moselle

Par Cécile Soulé, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu jeudi 15 septembre 2016 à 17:24

Avec ce trafic messin de subutex, la Moselle était devenu le 1er département prescripteur du médicament en France
Avec ce trafic messin de subutex, la Moselle était devenu le 1er département prescripteur du médicament en France © Maxppp - Christian-Philippe Paris

Trois médecins de Metz sont renvoyés prochainement devant le tribunal correctionnel pour trafic de subutex, ce substitut à l'héroïne. Selon l'enquête, ils avaient tellement délivré d'ordonnances que la Moselle était devenu le 1er département de France en terme de prescription de subutex.

La Moselle est au coeur d'une deuxième affaire de trafic subutex. Après la condamnation en janvier 2016 du Dr Furlan, l'ancien maire de Hombourg-Haut, 3 autres médecins, à Metz cette fois-ci, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel pour trafic de subutex. La sécurité sociale n'a pas encore chiffré précisément son préjudice mais il devrait dépasser les 500.000 euros, comme dans l'affaire Furlan. Parce que les ordonnances de subutex, un substitut à l'héroïne, sont remboursées par la sécurité sociale.

Pas de date encore pour ce nouveau procès dans lequel comparaitront aussi 4 revendeurs, mais ce vendredi 16 septembre, l'un des 3 praticiens fait appel de sa radiation devant le conseil national de l'ordre des médecins, à Paris. Il est médecin coordonnateur en maison de retraite et conteste le fait de prescrire des médicaments, ce qui lui a été interdit par la sécurité sociale. Après cette affaire, l'un des trois autres praticiens a préféré prendre sa retraite anticipée, et le dernier n'est plus en contact avec des patients.

La Moselle devenue le 1er département de France en terme de prescription de subutex

Les 3 médecins sont soupçonnés d'avoir délivré beaucoup trop de boites de subutex, à tel point que la Moselle était devenue il y a 3-4 ans le plus gros département prescripteur de France, alors que la Moselle n'est que le 21e département le plus peuplé... La responsabilité en revient donc selon la justice à 3 médecins messins. Deux d'entre eux expliquent avoir cédé à la pression de groupes de toxicomanes pour obtenir des ordonnances de ce substitut à l'héroïne. C'est le cas du patricien défendu par Me Boh-Petit: "A l'époque des faits, il y avait vraiment tout un groupe de toxicomanes très présents sur le centre-ville. Et ces toxicomanes avaient pour habitude d'investir son cabinet. Et sur pression "il nous faut une ordonnance, il nous faut une ordonnance", il a fait des ordonnances et il a prescrit du subutex".

Le 3e médecin en revanche est soupçonné d'avoir voulu délibérément s'enrichir, comble de l'ironie, à deux pas du palais de justice de Metz. Me Louvel est l'avocat de l'ordre des médecins de Moselle:"On atteint des rémunérations de ce médecin qui sont relativement conséquentes parce qu'il voit énormément de patients par jour, pour des durées relativement courtes".

Contrairement au dossier Furlan, pour lequel le procès en appel sera examiné le 27 octobre prochain, il n'y a pas eu, dans le trafic messin, beaucoup de revente de subutex en Allemagne, où les prescriptions de ce médicament sont beaucoup plus encadrées.

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