Faits divers – Justice

Une affaire de bébé secoué devant la cour d'assises de Pau

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn et France Bleu mardi 22 septembre 2015 à 6:00

La salle d'audience de la cour d'assise des Pyrénées Atlantiques
La salle d'audience de la cour d'assise des Pyrénées Atlantiques © Radio France - Daniel Corsand

En septembre 2012, Christophe L. a secoué son fils Paul pour qu'il arrête de pleurer. Le bébé avait deux mois et demi. C'est le procès d'un père dépassé. Son geste a entrainé de graves séquelles sur son fils

C'est un dossier très douloureux qui s'ouvre ce mardi matin devant la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques à Pau. On juge Christophe L., 43 ans. Le 22 septembre 2012, à Siros, il a secoué son fils Paul, âgé de deux mois et demi, ce qui a entraîné de graves séquelles.

Un huis clos tragique

Christophe est seul avec Paul. Paul pleure comme une bébé peut le faire, et Christophe ne comprend pas la raison. Il est dépassé. Il réagit de la pire des manières. Il est à bout et secoue l'enfant. C'est sa première faute.

Paul arrête de pleurer. La deuxième faute de Christophe, c'est qu'il croit ou veut croire, que tout va bien. Il raconte que le soir, Paul a mangé normalement. Mais le lendemain, Paul a un port de tête et des mouvements de jambes anormaux. Les parents l’amènent aux urgences pédiatriques. Le diagnostique est sans appel. Il est en "mal convulsif" disent les médecins. C'est un syndrome de bébé secoué. 

Un couple dépassé

Tout s'est accéléré pour ce couple qui n'arrivait pas avoir d'enfant. D'abord, il y a une fausse couche à 7 mois, très mal vécue. Puis, la naissance d'un premier fils. Un an après seulement la naissance de deux jumeaux. Dont Paul. Le 5 juillet 2012. La famille quitte son appartement palois pour s'installer le 15 septembre dans cette petite maison de Siros. Le couple a du mal. Paul a déjà été admis à l’hôpital pour une fracture du coude et les services sociaux sont avisés. La famille est aidée, mais semble avoir du mal à faire face. Christophe particulièrement, qui a également perdu sa mère quelques semaines avant le drame. Ce mois de septembre, il était épuisé physiquement et nerveusement.

Depuis le drame, Paul a été placé dans une famille d'accueil. Il a trois ans et deux mois. Il parle un peu. Ne marche pas très bien. Il faut attendre qu'il grandisse pour évaluer les séquelles. 

Vivre tous les jours avec le sentiment d'avoir donné la vie et handicapé son enfant, c'est terriblement douloureux

— Thierry Sagardoytho, l'avocat du père

Maitre Thierry Sagardoytho défend le père du bébé secoué

Paul est un enfant qui ne marche pas, il rampe 

— Emmanuelle Legrand Bogdan, l'avocate du bébé

Maître Emmanuelle Legrand Bogdan - Radio France
Maître Emmanuelle Legrand Bogdan © Radio France - Daniel Corsand

L'avocate du bébé, maître Legrand Bogdan

EN SAVOIR PLUS sur le syndrome du bébé secoué : 

-Tomber de la table à langer est-il plus grave pour l'enfant que le secouement ?

-Les lésions du secouement peuvent-elles être produites aussi par le jeu ?

-Volontaire ou involontaire ? Violence ou maltraitance ?